Le Silence des nonnes

  1. La drogue du cannibalisme

    La commissaire Priya Dharmesh est en train de poursuivre ce parcours du combattant administratif pour adopter Lison Ober quand elle reçoit un coup de fil étrange : douze nonnes se sont enfermées dans leur carmel. Sur place, la découverte est vertigineuse : les sœurs se sont entredévorées. La piste d’un produit toxique susceptible de conduire des individus à la folie anthropophage surprend, mais le doute n’est plus permis lorsqu’un autre carnage du même genre se déroule dans une boîte libertine.

    Après La Fille du boucher, Marie Capron est revenue en 2024 avec cet ouvrage qui met à nouveau en scène l’enquêtrice Priya Dharmesh. C’est « une petite bonne femme d’un mètre soixante, d’origine réunionnaise », qui a cinquante-quatre ans, un sacré caractère et qui souhaite adopter l’adolescente qu’on avait découverte dans le précédent tome de la série. On retrouve dans cette histoire ce ton si particulier, où les saillies d’un humour à froid côtoient les moments assez glauques, où les réflexions sévères quant à notre société jouxtent des moments d’une belle et généreuse humanité. L’intrigue est très prenante, avec cette drogue concoctée par les petits-enfants d’un chimiste acoquiné à la French Connection et qui va intéresser des agents prêts à semer une profonde discorde dans le pays. Les chapitres sont nerveux, font alterner les points de vue des divers protagonistes, et il n’y a aucun temps mort à déplorer. Marie Capron nous gratifie de moments forts, comme la découvertes des nonnes ou encore cet épilogue, ouvertement inspiré par l’épisode d’Ulysse et de ses camarades tentant de résister aux appels des sirènes. La tension et la paranoïa des habitants du pays sont habilement rendues et cet ouvrage s’achève sur une note poignante.

    Un roman aussi réussi et audacieux que le précédent, ce qui n’est pas peu dire.

    /5