Au lendemain de la Première Guerre mondiale, parce qu’elle n’a pas de nouvelles d’Edward Haslam, son amoureux, Amy Vanneck décide de se rendre en France, à Amiens, afin de découvrir ce qui s’est passé. Alors que les soldats luttent encore pour retrouver les corps, les identifier et leur offrir une sépulture décente, treize corps sont retrouvés, visiblement massacrés, du côté de Two Storm Wood. Même si le conflit est terminé, la mort n’a pas fini sa moisson.
Difficile de ne pas penser au livre Un long dimanche de fiançailles de Sébastien Japrisot en lisant le pitch de cet ouvrage lauréat du Prix Découverte Polars Pourpres 2023, mais là s’arrête la comparaison. Philip Gray s’est appuyé sur une très solide documentation pour construire son récit, et si certains thèmes ont déjà été exploités par le passé, d’autres, comme l’emploi des coolies chinois, l’usage de l’opium ou des drogues de « marche forcée » le sont bien moins. Les différents personnages sont bien caractérisés – d’Amy à son amie Catherine Page qui cherche son frère, en passant par Edward, confronté aux abominations de la guerre, à Mackenzie qui a la lourde tâche de s’occuper de ces charniers à ciel ouvert que sont les anciens théâtres des opérations, en passant par Rhodes, Farrer, ou encore le prévôt Westbrook. Certains moments sont d’une éclatante beauté morale quand d’autres sont d’une grande cruauté, à l’instar de la découverte de la victime soumise au lingchi, des raids réalisés en silence par Edward et ses hommes avec des armes spécifiques – mélanges de coup-de-poing américain et de couteau –, ou encore la révélation d’une enfance soumise à des épisodes barbares, ce qui a conduit à la genèse d’un psychopathe. Le récit mêle suspense et émotion, alterne avec intelligence différents points de vue ainsi que plusieurs époques.
Un thriller réussi, tour à tour poignant et surprenant, sauvage et effroyable. Philip Gray, en conteur adroit, nous narre une histoire qui se mêle avec panache à celle qui s’écrit avec une lettre majuscule, et dont un autre ouvrage, La Maison aux neuf serrures, est récemment paru chez Sonatine.
Au lendemain de la Première Guerre mondiale, parce qu’elle n’a pas de nouvelles d’Edward Haslam, son amoureux, Amy Vanneck décide de se rendre en France, à Amiens, afin de découvrir ce qui s’est passé. Alors que les soldats luttent encore pour retrouver les corps, les identifier et leur offrir une sépulture décente, treize corps sont retrouvés, visiblement massacrés, du côté de Two Storm Wood. Même si le conflit est terminé, la mort n’a pas fini sa moisson.
Difficile de ne pas penser au livre Un long dimanche de fiançailles de Sébastien Japrisot en lisant le pitch de cet ouvrage lauréat du Prix Découverte Polars Pourpres 2023, mais là s’arrête la comparaison. Philip Gray s’est appuyé sur une très solide documentation pour construire son récit, et si certains thèmes ont déjà été exploités par le passé, d’autres, comme l’emploi des coolies chinois, l’usage de l’opium ou des drogues de « marche forcée » le sont bien moins. Les différents personnages sont bien caractérisés – d’Amy à son amie Catherine Page qui cherche son frère, en passant par Edward, confronté aux abominations de la guerre, à Mackenzie qui a la lourde tâche de s’occuper de ces charniers à ciel ouvert que sont les anciens théâtres des opérations, en passant par Rhodes, Farrer, ou encore le prévôt Westbrook. Certains moments sont d’une éclatante beauté morale quand d’autres sont d’une grande cruauté, à l’instar de la découverte de la victime soumise au lingchi, des raids réalisés en silence par Edward et ses hommes avec des armes spécifiques – mélanges de coup-de-poing américain et de couteau –, ou encore la révélation d’une enfance soumise à des épisodes barbares, ce qui a conduit à la genèse d’un psychopathe. Le récit mêle suspense et émotion, alterne avec intelligence différents points de vue ainsi que plusieurs époques.
Un thriller réussi, tour à tour poignant et surprenant, sauvage et effroyable. Philip Gray, en conteur adroit, nous narre une histoire qui se mêle avec panache à celle qui s’écrit avec une lettre majuscule, et dont un autre ouvrage, La Maison aux neuf serrures, est récemment paru chez Sonatine.