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8/10 J'avais eu un gros coup de coeur pour Canicule, qui fait partie de ces rares livres où, même lorsque l'énigme est résolue à la fin, on aurait malgré tout envie qu'il y ait au moins 400 pages de plus, juste pour pouvoir rester en compagnie des personnages et continuer à se délecter de l'univers crée par l'auteure : autant dire que c'est précisément ce que je cherche dans un grand roman, même si c'est plutôt rare, et que Jane Harper avait donc réussi là à atteindre mon "Graal littéraire".
Après Sauvage, certes un cran en-dessous de Canicule mais tout de même très bon et captivant, j'ai donc plongé dans le nouveau roman de l'auteure, Les Oubliés de Marralee, 3e et dernière enquête d'Aaron Falk (même si chaque roman peut se lire indépendamment). Et, vraiment, quel bonheur de retrouver le talent et l'univers de Jane Harper ! Son talent rare pour créer des atmosphères immersives et captivantes, pleines de non-dits et de secrets, pour faire vivre devant vos yeux des personnages plus vrais que nature et attachants, aux relations complexes, pour retranscrire des dialogues d'une justesse et d'un réalisme éblouissants. Sans oublier sa façon subtile et saisissante de capturer la mélancolie de souvenirs d'adolescence. Et en plus, comme à chaque fois, quel formidable dépaysement. Regardez la magnifique couverture : on a vraiment l'impression d'y être, dans cette campagne de l'Australie-Méridionale, en pleine région viticole.
Comme toujours avec Jane Harper, dès les premiers chapitres, j'ai été transporté et captivé. Elle tisse son récit avec profondeur et subtilité, sur un rythme qui semble imprégné de torpeur estivale, jusqu'aux trois-quarts du texte, où elle renverse brusquement la narration et bascule sa focale pour permettre au lecteur d'adopter le point de vue de la victime. Un rebondissement inattendu et parfaitement maîtrisé.
Jane Harper me rappelle à bien des égards l'irlandaise Tana French, et si jamais vous aimez les polars d'atmosphère et les intrigues psychologiques - avec le rythme des thrillers scandinaves mais transposés dans la beauté de la nature australienne -, alors foncez découvrir cette très grande plume du roman noir. Ca faisait vraiment longtemps que je n'avais pas découvert un écrivain de cette trempe et d'un tel talent et, croyez-moi, ça fait plaisir !avant hier à 09:14 Norbert (309 votes, 6.9/10 de moyenne) 2