Entre fauves

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  • 9/10 Un roman qui m'a immédiatement happée , avec la même construction chorale qui m'avait plue dans "seules les bêtes". Le rythme est intense et j'ai plusieurs fois pensé à l'écriture de (et thématiques chères à) Sandrine Collette.
    Le parallele entre la chasse au fauve et la chasse à l'homme trouve son apogée dans LA scène du roman selon moi, où l'on se retrouve avec deux des protagonistes à chausser les peaux de phoque dans les splendeurs pyrénéennes... Colin Niel égratigne au passage pro et anti chasse dans ce livre qui, loin d'être manichéen, permet de questionner la place de l'homme dans nos écosystèmes. Un grand cru !

    21/11/2020 à 20:00 clemence (313 votes, 7.7/10 de moyenne) 7

  • 7/10 Une lecture très originale par les thèmes abordés, un sujet écologique très ancré dans l'actualité. Je ne pensais pas un jour éprouver de l'empathie pour les chasseurs de fauves, pourtant Colin Niel a su éveillé chez moi la fibre du traqueur, ces scènes de chasses sont vraiment excellentes. A contrario, les défenseurs de la faune sont parfois excessifs à en perdre la raison. Le propos n'est pas anti écolo, loin de là, finalement, le problème c'est l'homo sapiens, quel que soit son camp.
    Le récit est agréable à lire avec une construction habile avec 2 traques en parallèle à 1 mois d'intervalle. J'ai été un peu gêné toutefois par quelques invraisemblances du scénario. Des hasards qui tombent bien comme si tous les protagonistes de l'histoire devaient passer par un trou de souris. Dans l'immensité de l'Afrique ou même dans la grandeur du massif Pyrénéen c'est un peu dur à avaler.

    27/10/2020 à 11:36 Polarbear (466 votes, 7.9/10 de moyenne) 5

  • 9/10 L’action se déroule sur deux mois entre la Namibie et les Pyrénées. C’est dire que notre auteur, humaniste et défenseur de la planète, nous offre des horizons dignes du grand écran. Protecteur, je pense qu’il aimerait l’être mais c’est faire fi de l’ambivalence de tous prédateurs qui nous entourent et qui peuvent aussi devenir les proies au gré des circonstances.
    Dans ce thriller, la Namibie est menacée par une sècheresse atypique, comme les Pyrénées le sont par un retour du froid au printemps …un décor digne du grand écran que nous offre là l’auteur.
    Charles, notre lion solitaire... à titre individuel est victime de la sècheresse, résultat : il menace les troupeaux … dès lors les paysans souhaitent supprimer l’individu au détriment de l’espèce.
    Il va être traqué par Appoline et Kondjima pour des mobiles bien éloignés.
    Martin, garde du parc naturel régional des Pyrénées traque les chasseurs de trophées sur le net et pourquoi pas dans la vraie vie ?
    Quatre personnages vont ainsi se partager la narration à la première personne et déranger le lecteur en l’impliquant.
    J’ai éprouvé de l’empathie pour Martin, les paysans namibiens qui luttent pour leur survie, les espèces animales menacées. Je n’ai eu aucune sympathie pour les chasseurs de trophées même s’ils soutiennent l’économie des petits pays africains. Bref Colin Niel a réussi à m’entraîner dans cette aventure chaotique, très bien construite au demeurant puisque le chaos ébranle nos consciences au fil de ces 352 pages, denses, documentées, militantes et exotiques, mêlant modernisme et coutume.
    Après la série guyanaise, Colin Niel nous invite en Afrique puis dans les Pyrénées : autres ambiances, autres enjeux, autres trafics … pas de moralité sauf à dire qu’il est urgent de se réveiller !
    Un thriller cruel, édifiant, sombre mais bienveillant aussi, baigné de la lumière et de la poésie des paysages. Un excellent moment de lecture, d’évasion dans ces grands espaces à préserver.

    21/10/2020 à 10:24 Dany33 (496 votes, 8/10 de moyenne) 4