Et toujours les Forêts

13 votes

  • 8/10 En bref, un roman noir, très noir, comme Sandrine Collette sait les écrire. Comment survivre quand l'Apocalypse nous tombe dessus ?

    Dès les premières lignes, je retrouve la plume de l'auteure, dure et incisive, avec néanmoins une certaine poésie.
    J'ai beaucoup aimé la première partie, où l'on découvre Corentin, le personnage principal, ainsi que les Forêts, ce petit hameau si mystérieux, où la nature semble être la maîtresse des lieux.

    La transition avec le côté post-apo que Sandrine Collette a choisit de développer m'a semblé assez abrupte... En si peu de pages, il est compliqué de décrire ce que la Terre va subir, il va d'ailleurs rester de nombreuses questions sur ce point-là, car ce n'est pas le propos principal de l'auteure, seulement un prétexte au thème majeur abordé : l'instinct de survie, tout simplement.
    Quelles sont, quelles seraient, nos premiers réflexes dans une situation de ce genre ? Le besoin de retrouver les siens, coûte que coûte, le désespoir face à ce que l'on découvre, l'envie de finalement tout laisser tomber à cause de ce sentiment si fort et si cruel que la solitude.

    J'ai réussi à me détacher, au fur et à mesure, de mon idée préconçue que Sandrine Collette n'écrit que des thrillers, et qu'elle peut également nous proposer autre chose. Et globalement, c'est une bonne lecture, qui m'a parfois fait penser à "Dans la forêt" de Jean Hegland dans son côté survivaliste.
    Certaines scènes sont assez dures et choquantes mais nécessaires pour montrer les conditions de vie si précaires sans tout le progrès que l'on connaît aujourd'hui, d'autres ne sont clairement pas indispensables ni excusables sous couvert de la fin du monde...

    Le dénouement est dans la continuité des 250 premières pages, violent, humain et cruel, mais conclut assez bien le roman sans que l'on ressente une sensation d'inachevé.

    31/10/2022 à 09:00 Riz-Deux-ZzZ (386 votes, 6.9/10 de moyenne) 2

  • 7/10 Un roman post-apocalyptique qui met en scène des gens ordinaires. après une courte introduction sur fond de misère sociale ou une mère quasi-abandonne son enfant, l'histoire se projette rapidement dans un futur très très proche que les scientifiques nous prévoient de plus en plus. A travers des héros ordinaires avec leurs qualités et leurs défauts, Sandrine Colette nous emmène sur la voie de la survie. Le quotidien y est difficile, et va en s'aggravant jusqu'au dénouement. La trame sombre comme le nouveau climat ne s'éclaire que rarement, à cause de ce soleil désormais voilé la plupart du temps. L'auteur ne semble guère optimiste sur notre avenir, ni sur ce qu'il adviendra après le basculement.

    13/01/2022 à 11:14 Surcouf (301 votes, 7.2/10 de moyenne) 6

  • 6/10 Je vais aller à l'encontre de tout ce que j'ai pu lire sur ce roman...je n'ai pas franchement aimé. J'ai même failli abandonner au bout de 100 pages, mais devant tous les commentaires élogieux, je me suis dit que la révélation allait peut être arrivée...et puis non.
    Je crois que ce qui m'a gâché la lecture c'est le style d'écriture qui m'a profondément agacée.
    Le début m'a intéressée, puis dès que la catastrophe arrive, le récit devient ce que l'on a déjà maintes fois vu dans d'autres romans ou séries à savoir.
    Je n'ai éprouvé aucune sympathie ou empathie pour les personnages hormis pour Corentin-enfant rejeté de toutes parts...
    J'ai un autre roman de cette auteure dans ma PAL. J'hésite à le lire si le style est du même acabit...

    09/12/2020 à 17:22 calimero13 (886 votes, 7.4/10 de moyenne) 6

  • 8/10 Partir en voyage avec Sandrine Collette est toujours une expérience dont on sort rarement indemne mais avec ce nouveau livre, on est sacrément servi. Après le très sombre "Juste après la vague", j'ai voulu remettre le couvert avec "Et toujours les forets" qui jouissait d'un très bon bouche à oreille. C'est dur, plombant, sans espoir (le cadre est posé d'entrée!) et un vrai bon livre à la personnalité affirmée qui merite le coup d'oeil. Roman post-apocalyptique loin d'etre rejouissant en cette periode post confinement à l'ecriture ciselé qui a le merite de nous mettre à la place de son héros, Corentin, un héros lambda du quotidien, dans un monde devasté en quelques secondes... Qu'aurions-nous fait si cela nous arrivait? Rebatir le monde et sauver l'Humanité mais dans quel but? Sandrine Collette y répond à sa façon à travers le destin brisé de ce jeune homme qui meritait pourtant tellement mieux...

    27/11/2020 à 14:17 panou71 (46 votes, 7.3/10 de moyenne) 8

  • 9/10 Plus je lis Sandrine Collette plus je l'aime. Pourtant son style me déroute. Je ne peux pas dire que je l’apprécie mais je n'arrive pas à lâcher le roman, à chaque fois. Lorsque je lis Herta Müller, Prix Nobel de Littérature, ça me fait le même effet. Celui-ci est indéniablement mon préféré.
    Sandrine Collette a réussi la prouesse de me faire rentrer dans l'univers de "La Route" de Cormak McCarthy sans "impression de déjà vu". C'est fort, très fort. Tout y est l’atmosphère oppressante, angoissante, l'instinct primaire des hordes barbares, l'espérance que rien n'est écrit, vivre pour ses enfants et leur offrir un monde meilleur jusqu'au sacrifice... Beaucoup d'éléments communs jusqu'au style à la ponctuation minimaliste mais que c'est beau !

    07/11/2020 à 18:51 Coco Lamartre (105 votes, 8.1/10 de moyenne) 10

  • 8/10 Sandrine Collette nous offre ici un excellent roman post-apocalyptique se passant dans le même univers que "La route" de Cormac McCarthy. Ceux qui ont lu ce dernier y verront à un moment donné particulier l'indéniable connexion, laquelle fut pour moi très agréable. L'écriture parfois à la limite de l'onirisme est délectable et accompagne parfaitement l'ambiance grise et morose du récit. Seul Bémol, la partie du livre focalisé sur l'enfance du protagoniste m'a paru un peu longue et presque inutile pour la continuité des évènements.

    30/09/2020 à 08:24 LeoLabs (336 votes, 7.3/10 de moyenne) 5

  • 9/10 Il arrive que quelque fois, une lecture arrive comme un écho aux préoccupations qui sont celles du moment...
    À n'en pas douter, ce nouveau roman de Sandrine Collette débarque dans une période de bouleversements particuliers, et je peux dire, sans forfanterie, qu'il trouve en moi une résonance particulièrement aiguë...
    Une espèce d'épitaphe littéraire du monde d'avant, la projection d'un futur pas forcément si éloigné de nous, et les questionnements qui découlent d'un changement radical...
    " Maintenant, on fait quoi ?
    On vit. On survit.
    Mais pourquoi ? Jusqu'à quand ? Et comment ? "
    L'objectif de l'auteure n'est pas de nous livrer un énième page-turner bodybuildé, et pourtant, sans rebondissements fracassants, ni cavalcades exténuantes, elle propage le désir de savoir ce qu'il va advenir de ses personnages, quand bien même rien ne change, ni n'évolue...
    Fidèle à son œuvre, et portée par un style dénué de tout artifice, Sandrine Collette réussit la gageure de nous parler de la vie au travers de la mort, de la reviviscence au travers de l'extinction, du bonheur au travers de la perte...
    Et même si la tonalité du roman reste globalement sombre, et le final poignant, errer aux côtés de Corentin dans ces Grandes Forêts reste une expérience hautement marquante, qui prouve, s'il le fallait encore, l'importance de son auteure dans le panorama littéraire actuel...

    31/08/2020 à 21:13 jackbauer (651 votes, 7.1/10 de moyenne) 7

  • 9/10 Et toujours la fabuleuse plume de Sandrine Collette.
    Et toujours son exceptionnel talent.
    Pour une histoire minimaliste avec peu d'action, peu de personnages et pourtant, quelle intensité !
    Déjà les premières pages, poignantes, donnent le ton. Le roman va être dur, le roman va être triste.
    Et c'est le cas, jusqu'au bout.
    Un récit post-apocalyptique déchirant et sombre, où le lecteur, tout comme Corentin, guette désespérément le retour de la moindre petite pousse d'herbe, mois après mois, année après année.
    Si le thème et le traitement ne sont pas vraiment novateurs, l'écriture de Sandrine Collette, la sensualité de ses descriptions et l'intensité de ses personnages subliment tout. Et certains de ses choix (comme la relation entre Mathilde et Corentin) sont audacieux et sortent des sentiers battus.
    La deuxième moitié du livre est époustouflante. Ce combat pour la survie et pour la reconstruction alors que le monde et la nature sont dévastés offre une leçon de vie mémorable.
    Heureusement que l'auteure nous gratifie de quelques onces de bonheur pour desserrer l'étau de noirceur qui nous étreint : le chiot aveugle, les enfants lumineux, les pommes de terre salvatrices.
    Mais j'ai cru avoir une crise cardiaque lors du dernier chapitre. J'ai mentalement supplié Sandrine Collette de ne pas "faire ça" et j'ai retenu mon souffle à chacun de ses mots. Et bien sûr, j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps face au paradis perdu.
    Un roman qui va me hanter, longtemps.

    24/08/2020 à 16:20 Ironheart (715 votes, 7.5/10 de moyenne) 10

  • 9/10 « Et qu’était devenu l’homme pour que, dans un monde où presque tout avait disparu, il s’obstine à détruire ses semblables un à un, à les dépouiller, à les achever ? » peut on lire page 300 de ce livre aussi angoissant que prenant. Je trouve que cette phrase résume bien l’esprit de Et toujours les Forêts, avec son ambiance post-apocalyptique sombre, triste et désespérante.
    Oui, pourquoi l’être humain cherche-t-il, voire coure-t-il, à son anéantissement ? Sandrine Collette a-t-elle voulu nous faire prendre conscience de notre destin fragile sur une Terre qui peut imploser à tout moment ? A-t-elle souhaité tirer de ce livre une leçon écologique, proposer une approche philosophique d’une société déchue, démontrer les instincts primaires et primitifs de l’espèce humaine,… ?

    Chacun pourra faire sa propre opinion à la lecture du 9ème roman de Sandrine Collette, qui, je trouve, prend de plus en plus d’importance dans le milieu littéraire au fil de ses parutions. Quoi qu’il en soit, ce roman est écrit pour être lu, certes, mais surtout relu un nombre de fois incalculable. Il peut être analysé, faire l’objet de discussion (pourquoi dans une grande partie du livre, les questions ne sont pas ponctuées par des points d’interrogation ?)… Bref, le signe d’un immense livre, une fable, que je comparerai à Le rapport de Brodeck de Philippe Claudel.

    12/08/2020 à 21:37 JohnSteed (408 votes, 7.8/10 de moyenne) 10

  • 8/10 Une magnifique fable sur la fin du monde. Un peu trop narratif et un peu faible niveau suspens, il reste malgré tout, une poignante histoire de survie quand il n'y a plus rien, remarquablement bien écrite.

    03/06/2020 à 14:19 charlice (266 votes, 7.7/10 de moyenne) 8

  • 9/10 Un roman où l'humanité survit aux cendres . Un petit chef d'oeuvre aux frontières de la littérature blanche et noire .

    02/05/2020 à 13:10 jeanmid (46 votes, 8.3/10 de moyenne) 7

  • 8/10 Une petite claque pour ce roman post-apocalyptique qui pourrait une variation de La route de McCarthy, mais version rurale et immobile (dans sa seconde partie). Je trouve que Sandrine Collette a encore épuré son écriture, mais elle reste malgré tout très visuelle et poétique. C'est gris, c'est noir, c'est très fort et vous n'en sortirez pas indemne.

    21/03/2020 à 15:51 zonedead (417 votes, 7.4/10 de moyenne) 11

  • 8/10 On ne reste jamais insensible aux romans de Sandrine Collette.
    L'histoire de Corentin, cet enfant non désiré, malmené, est l'histoire de ce livre post apocalyptique.
    Le sujet est cher à l'auteur. Il est traité avec de la lumière là où le soleil a déserté la Terre. Ce défaut de lueur marquera tout le roman qui s'inscrit dans le clair-obscur permanent: par exemple, Corentin déniche un chien aveugle dans la forêt dévastée, ce paradoxe est d'une émotion indescriptible.

    La réflexion que génère la lecture de ce roman à l'heure où l'Australie brûle dans une atmosphère de fin du monde laisse perplexe sur notre course à la consommation de nos ressources.

    Sandrine Collette signe un livre atemporel et dense, qu'on referme la boule au ventre.

    05/01/2020 à 08:40 clemence (339 votes, 7.7/10 de moyenne) 9