L'Homme de la plaine du Nord

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  • 8/10 La profileuse Hanah Baxter n’a guère le temps de souffler : à peine est-elle revenue à New York qu’une lettre anonyme l’incrimine comme étant responsable du meurtre de son mentor, Anton Vifkin, lui-même expert en criminologie. Il semblerait qu’un tueur à gage, décidé à en finir avec Hanah, soit à la manœuvre. Peu de temps après, un homme est massacré par des pitbulls dans le nord de la Belgique, près d’un manoir qui n’est pas inconnu de notre profileuse puisque résolument soudé à son propre passé.

    Ce quatrième et ultime volet de la série consacrée à Hanah Baxter séduit dès les premières pages. On y fait la rencontre d’un assassin froid et méthodique, aussi glacé que les balles de son fidèle PPK qu’il chemise d’or avec amour, et fermement décidé à en finir avec notre héroïne. Dans le même temps, c’est un personnage pour le moins étonnant : si Ernest Gare est un tueur déterminé et indifférent à l’identité de ses victimes, il partage sa propre personnalité avec Frida lorsqu’il devient transformiste et se travestit dans des cabarets pour chanter son répertoire de classiques de la chanson française. Sonja Delzongle plonge le lecteur dans une histoire sombre et acide, ou plus exactement des histoires tordues et sinistres, où s’entrecroisent des protagonistes pour le moins accidentés par l’existence. Jugez plutôt : Ernest dont la sœur, Cha, est morte tombée au fond d’un terril et dont l’esprit ne cesse de le hanter, le commissaire Peeters dont le fils s’est pendu adolescent, Ange qui occupe le manoir, dont le jeune frère est resté handicapé par une soi-disant chute dans les escaliers et dont la mère est devenue aliénée suite à cette catastrophe, etc. Et c’est peu dire que l’écrivaine, à la plume particulièrement noire et écharpée, ne nous préserve en rien de son imagination certes fertile mais ô combien atroce : des enfants martyrisés, des parties fines où participent des gosses et où sont exercées toutes les paraphilies, des combats de chiens et des chasses à l’homme, des tortures sans filtre, des décapitations, des automutilations. L’auteure du Hameau des purs ou encore du Dernier chant ne nous épargne rien, même s’il est indéniable que ces divers récits sont parfaitement maîtrisés et s’entrecroisent avec brio. Néanmoins, au-delà des nécessaires mises en garde à l’attention des âmes sensibles, son ouvrage, un pur brûlot de noirceur et de barbarie, souffre peut-être d’une sorte de surcharge littéraire, avec un peu trop d’intrigues et de cruautés, comme des individus peuvent être lestés d’une surcharge pondérale.

    Un livre incontestablement fort, puissant et marquant, à la rigueur trop surchargé pour plaire à tout le monde, mais dont la radicalité bouscule plus qu’elle ne séduit véritablement, et c’est en soi une vertu.

    22/06/2022 à 06:12 El Marco (2645 votes, 7.4/10 de moyenne) 3

  • 6/10 Une lecture mitigée... On y trouve de très bonnes choses avec un personnage central (L'Homme de la plaine) consistant et intéressant, une ambiance sombre avec des passages très forts et violents, ainsi qu'un rythme soutenu et redoutablement efficace. Mais, j'ai trouvé le mélange des intrigues capillotracté, avec des enquêteurs à la ramasse alors que l'évidence est sous leurs yeux. Il faut d'ailleurs noter que les forces de police et de gendarmerie payent un lourd tribut dans cette histoire.

    24/02/2021 à 18:28 zonedead (417 votes, 7.4/10 de moyenne) 3

  • 9/10 Jamais lu de livre de la série des Hanah Baxter, mais je tombe sur ce dernier opus et c'est fichtrement bien foutu !
    On y suit en parallèle l'histoire d'Ernest Gare, tueur à gage transformiste, et le retour d'Hanah Baxter en Belgique, accusée du meurtre de son ancien associé 20 ans plus tôt. Et encore bien plus que ces deux histoires.
    Il n'y a pas besoin d'avoir lu les autres romans pour apprécier celui ci. On pénètre dans un univers très codé où on n'hésite pas à éliminer des personnages à coup de chasse à l'homme par une meute de chiens, où on navigue dans les arcanes du darksexnet, où le passé vous rattrape des années après... Les ingrédients d'un très glaçant polar sont réunis.
    Bravo Sonja! Puisse ce livre très réussi sorti en temps de confinement trouver son public.

    24/06/2020 à 09:11 clemence (332 votes, 7.7/10 de moyenne) 3