L'Homme qui regardait passer les trains

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  • 9/10 Kees Popinga marche dans les rues enneigées de Groningue pour vérifier que le ravitaillement de l’Océan III se déroule correctement. Or la citerne de mazout n’est pas venue et les autres provisions n’ont pas été davantage livrées. Aussi consciencieux en tant que fondé de pouvoir qu’il peut être un mari fidèle et un père aimant, Kees Popinga arpente les rues à la recherche de son patron, Julius de Coster en Zoon. Il le trouve au Petit-Saint-Georges, lieu de débauche où Kees Popinga, en bon Hollandais, s’interdit de mettre les pieds. Il rentre malgré tout dans ce débit d’alcool et son patron, ivre, lui avoue qu’il a organisé toute une escroquerie en vue d’entretenir sa maîtresse, Pamela, une danseuse d’Amsterdam. Une mauvaise spéculation sur les sucres l’a complétement ruiné. Aussi, il avoue à Kees qu’il va organiser sa disparition en simulant son suicide dans le canal et refaire sa vie ailleurs.
    Le lendemain matin, loin de ses habitudes de sa vie réglée comme un métronome, Kees Popinga reste alité, et repense aux propos de son patron. Lui qui ne se serait pas permis de penser qu’un endroit au monde pût être plus doux que son foyer, avec sa femme « Maman », et ses deux enfants, qui rougit de honte quand il entend passer un train, réfléchit et envisage d’aller rencontrer la maîtresse de Julius de Coster, cette Pamela, à Amsterdam, histoire de passer du bon temps, lui aussi.

    Simenon n’est jamais aussi talentueux que quand il raconte la descente aux enfers d’un homme normal qui, à la suite d’un événement particulier, découvre que la simplicité de sa vie n’était pas ce à quoi il aspirait. Mais ici Simenon va plus loin que dans les autres livres ayant le même thème : il prend le temps de développer son personnage et les situations qu’il vit. La lettre de Kees Popinga à la presse où il raconte sa vie et qui il est réellement est un passage éprouvant. On ressent un homme qui a besoin de montrer sa vérité, et ce qu’il devait être comme homme, comme mari, comme père. Une vie qu’il s’est inventée. L’homme qui regardait passer le train est pour moi un livre majeur dans l’oeuvre du Belge

    07/10/2018 à 13:46 JohnSteed (304 votes, 7.8/10 de moyenne) 2

  • 9/10 Sur le thème du basculement des vies. Un texte qui "fissure".

    11/09/2016 à 11:03 bludgeon (27 votes, 7/10 de moyenne)