Cent visages

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  • 6/10 Dans la France de 2025, un Président tout-puissant domine le pays. La population est soumise à un système de castes et l’État semble bien proche de la dictature. Un criminel connu sous le sobriquet de « Cent visages » terrifie les foules. Gregor, un adolescent en quête de nourriture, découvre justement ce tueur alors qu’il pénètre dans un entrepôt. Et c’est le début d’une folle cavalcade qui pourrait mener le jeune homme jusqu’aux fondements du pouvoir politique.

    Pour son premier ouvrage paru chez Rageot dans la collection «Thriller », Thomas Geha a bien compris le fil rouge des autres livres ainsi que les souhaits du lectorat. Avec des chapitres diaboliquement courts, de l’action à revendre et des rebondissements incessants, l’auteur mène son récit tambour battant, et ce jusque dans les dernières pages. Indéniablement, il y a dans ces mots, cette structure et ce scénario une immense énergie. C’est aussi, au-delà du suspense qui tisse cette chevauchée audacieuse, un portrait cinglant d’un État tyrannique où se nouent des rapports particulièrement sombres entre cercles tactiques, terrorisme et milieux scientifiques.
    Et c’est d’ailleurs également là que le bât blesse. À force de vouloir en mettre plein les yeux aux lecteurs, Thomas Geha finit par en faire trop. Nanotechnologies, usurpations d’identité, complots diplomatiques, et des scènes intrépides si nombreuses que certains risquent de perdre pied. Selon la métaphore connue, tous les ingrédients sont là pour contenter le public, mais la surabondance d’éléments et autres épices finit par atténuer le goût originel du produit.

    Singulièrement fringant, ce roman se dévore autant qu’il dévore. Il est juste regrettable que Thomas Geha n’ait pas davantage opté pour la sobriété ou l’économie de sujets abordés.

    08/06/2014 à 08:46 El Marco (1817 votes, 7.5/10 de moyenne)