Entretien avec le chaos

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  • 6/10 A Hossegor, le « club des divorcées », composé de quatre femmes – Amanda, Carole, Arlette et Sylvie – voir arriver une nouvelle famille dans leur voisinage. Il s’agit des Astier – père, mère enceinte et fils – dont on ne sait presque rien et qui restent assez mystérieux. Amanda, coach émotionnelle, reçoit en consultation des patients dont elle perçoit, dès qu’elle les touche, leurs traumas et leurs obsessions. Chris Astier va la mettre en contact avec son « cavalier noir ».

    David Belo nous revient après les très bons Mon ami Charly et Papillon de nuit, toujours chez l’éditeur Taurnada. On y retrouve avec plaisir son style et son univers, avec une belle galerie de personnages, dont certains sont particulièrement travaillés, notamment Alexandre, adolescent obèse qui subit les moqueries répétées de ses harceleurs, Morgane, la fille d’Amanda, malentendante, ou Zach Astier, le fils de cet énigmatique couple qui vient d’emménager dans le quartier. L’auteur fait preuve d’imagination et les histoire sont plurielles, revenant notamment sur le passé chaotique des Astier au cours de leurs précédentes pérégrinations dans le monde, les frictions des adolescents avec ceux pratiquant le rugby, ou encore ce prologue au cours duquel un bateau fou fonce vers une plage malaisienne. Pourtant, cette fois-ci, l’écrivain finit par nous perdre justement avec la multiplicité des intrigues, au point que l’on ne sait plus vraiment quelle est la principale, et chacune d’entre elles perdant en consistance comme en originalité. Dans ses remerciements, David Belo indique « ne pas faire de plan, ne pas prévoir, ne pas calculer » : c’est probablement cette absence de vision claire quant au scénario et donc de colonne vertébrale pour l’ensemble de son récit que l’on regrette. On finit par s’égarer, restant à la surface de tant d’étendues pourtant intéressantes, sans jamais avoir été entraîné dans les eaux profondes. Le final est, en cela, révélateur : il est léger, badin, trempé dans de l’eau de rose, bien loin de la noirceur, de la tension ou de la singularité que l’on espérait.

    Un roman divertissant et plaisant, mais nettement moins entraînant que les autres ouvrages de l’auteur.

    30/09/2026 à 05:25 El Marco (3931 votes, 7.2/10 de moyenne) 1