2 votes
-
4/10 Me voilà bien emmerdé, tiens.
Que Simon François veuille bien me pardonner : si son second roman, « La Proie et la Meute », fut une vraie et belle surprise, « La plupart des hommes » fut, après un prologue très prometteur, une cruelle déception.
J'ai trouvé qu'il y avait un véritable fossé entre le travail fait sur l'extérieur (la nature, toujours présente et sublimée chez cet auteur) et celui, beaucoup plus laborieux, pardon de le dire, concernant l'intériorité et la psychologie des protagonistes. Je regrette toujours, chez certains auteurs, ce refus de laisser de la place au lecteur ; ici, tout est surligné, trop dirigé.
Bref, une écriture joliment imagée d'un côté, et boursouflée de l'autre (que les dialogues — exercice à manier avec habileté et parcimonie pour donner de la densité aux héros — ne sauvent pas, bien au contraire). Lé déséquilibre est assez flagrant, j'ai trouvé. Les passages relatifs à la nature sont, de loin, les plus réussis (même si le trop est l'ennemi du bien), mais ne contrebalancent hélas pas ceux inutilement chargés consacrés aux personnages, auxquels j'ai eu toutes les peines à croire : l'amitié Kad-Gab ne crève pas les mirettes, Karine reste finalement assez creuse — on ne sait presque rien d'elle, ok, elle aime les bonbons, ouais, bon —, et certaines réactions m'ont semblé peu convaincantes. Et le plus important pour moi, à m'émouvoir de leur sort, je n'y suis jamais arrivé. Quand on ne ressent rien pour des personnages, gentils ou méchants, c'est assez mal barré en ce qui me concerne.
En outre, l'intrigue, classique (ce qui n'est pas un problème en soi), ne m'a guère passionné, ce qui n'a pas favorisé mon immersion — la faute à un suspense peu prégnant, dont la plupart des tentatives de tension ont fait pshitt. Dommage.
Le message social (et anticapitaliste : magouilles, exploitation des hommes, etc...), toujours présent, demeure éminemment sincère — aucun doute là-dessus —, et il est plutôt bien rendu, dommage qu'il soit asséné avec assez peu de subtilité mais il n'est jamais vain de rappeler cette déshumanisation et d'exprimer sa saine colère. D'autres critiques de la société sont abordées, plutôt survolées, histoire de cocher toutes les cases des dérives de notre société.
Comme toujours, je me dois, par respect pour l'auteur et vis-à-vis de ma propre intégrité de lecteur, de donner un avis forcément subjectif, sans doute pas hyper constructif, mais sincère.
Je n'écris pas ce retour de gaieté de cœur, d'autant que, sans connaître l'auteur, celui-ci m'apparaît franchement sympathique, et je ne doute pas un seul instant du travail effectué ni de ses intentions louables.
J'aurais aimé aimer, mais voilà quoi.
Et je m'en vais de ce pas me flageller avec des barbelés rouillés04/07/2026 à 22:25 schamak (141 votes, 6.2/10 de moyenne) 3
-
7/10 J’avais hâte de découvrir le nouveau roman de Simon Francois qui m’avais époustouflé avec son précèdent roman « La proie et la meute «. Alors il est vrai que l’histoire m’as un peu moins plu mais, car il y a un mais, je dirais même un énorme mais, c’est compensé très largement par une écriture talentueuse, une écriture vraie qui t’emmène par moment beaucoup plus loin dans le plaisir de lecture que tu ne puisses l’imaginer. Je crois que çà s’appelle le talent et l’auteur n’en manque pas.
Le roman se passe à Gien, ville du sud Loiret que je connais pas mal et que je n’aime pas, ben comme l’auteur qui l’assombrit beaucoup plus que mon ressenti. Gien, c’est la Loire majestueuse et dangereuse, son musée de la Chasse, sa faïencerie et sa centrale nucléaire et puis pas grand-chose de plus mais bon cela n’engage que moi. L’auteur nous fait découvrir cette région à travers un roman noir voir très noir, rural et sociétal avec des thèmes de fond sombres tel que la violence familiale, l’exploitation des travailleurs sans papiers, la bêtise des idées bien ancrés des gens parce que préconçu comme çà depuis des lustres. L’auteur y rajoutant une intrigue sombre qu’il décortique avec réalisme que cela soit pour les personnages, les lieux ou les secrets de famille.
Même si j’ai eu des moments de moins bien, je ne sais pas trop expliquer pourquoi
- Peut-être trop noir.
- Peut-être un suivi de l’histoire plus difficile.
- Peut-être avec encore trop dans la tête le roman précédent.
Il y a de quoi avec ce roman passer un agréable moment et je le conseille vivement.
06/04/2026 à 12:24 patoche77 (414 votes, 7.7/10 de moyenne) 5
