Les Fantômes de Shearwater

(Wild Dark Shore)

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  • 9/10 Île subantarctique de 120 km2, au climat de toundra, essentiellement composée de mousses et de lichen, Shearwater abrite au moins 80.000 otaries et la dernière colonie au monde de manchots royaux et plus de trois millions d’oiseaux marins nicheurs. Elle accueille aussi quatre êtres humains : Dominic et ses trois enfants, Raff, son fils aîné, Fen, sa fille, tous les deux adolescents, et le petit dernier, Orly.

    Cela fait huit ans que cette famille vit sur cette île coupée du monde ravitaillée deux fois par an par bateau. Dominic Salt avait embarqué ses enfants dans cette aventure, y trouvant une occasion d’un travail loin de toute civilisation et pouvant toucher à tout. Il est agent technique assurant l’entretien et la réparation de la Réserve mondiale des semences, endroit stratégique permettant de sauvegarder toutes les espèces végétales de la Terre. Aujourd’hui, tous les ingénieurs ont quitté le site, et d’ici sept semaines, un bateau va venir chercher la famille Salt pour leur retour : le site ferme, condamné par la montée inéluctable de l’océan. D’ailleurs, la banque de graines est en péril à cause de la fonte du permafrost sur l’île, qui assurait naturellement la congélation des semences.

    Si la situation écologique est en péril, c’est l’équilibre des quatre membres Salt qui va être perturbé par Rowan, cette femme qui a échoué sur la plage.
    Roman polyphonique, Les Fantômes de Shearwater nous distille l’histoire tragique de ces 5 protagonistes dont on découvre les destins brisés, les douleurs, les drames des uns et des autres et surtout le terrible secret qui se cache au sein de Shearwater.

    Si le livre de Charlotte McConaghy est une ode à la Nature, au miracle de la vie, ce sont aussi ces personnages qui m’ont ému. Le père, Dominic, qui a encore sa femme, dans son cœur et sa tête, et qui fait et fera tout pour préserver et sauver ses enfants ; Raff, âme sensible jouant en violon le chant des baleines ; Fen, vivant recluse sur la plage, près des otaries, elle qui est née pour être dans l’eau ; Orly, sorte de wikipédia sur jambe, connaissant tout sur les graines sauvegardées dans la Banque ; et Rowan, cette femme confrontée à une quête infernale.

    L’autrice australienne a su, tout au long des 370 pages, préserver les mystères, et maintenir un suspense dont le lecteur découvrira quelques indices parsemés ici et là. Car, on ne sait pas si les uns et les autres se mentent, cachent la vérité ou bien se préservent… Mystère entrecoupé des descriptions puissantes et touchantes de la nature, de son importance vitale et du rôle fondamentale de l’Homme. Ce sont par ces quelques mots extraits du livre que j’aimerais conclure cet avis, qui, malgré l’apparente longueur, ne dévoile en rien, l’intrigue : « Peut-être que nous allons effectivement mourir un jour noyés, brûlés ou affamés mais en attendant, c’est à nous qu’il appartient de choisir si nous voulons participer à cette destruction ou si nous préférons prendre soin les uns des autres. »

    26/08/2026 à 14:39 JohnSteed (834 votes, 7.7/10 de moyenne) 3