De pierre et de chair

  1. « Le Mal qui rôde »

    Le corps d’Aurélie Dutroit, dix-sept ans, vient d’être découvert par une sportive. L’inspecteur Nathan Redlink et son équipe mènent l’enquête sur cette adolescente qui avait disparu et dont la dépouille présente une caractéristique stupéfiante : son cœur a été remplacé par une pierre. Les policiers vont alors s’intéresser à un trafic de drogue ainsi qu’à une famille dont plusieurs membres par le passé semblent avoir été victimes d’une malédiction létale.

    Ce roman de Vanessa Trüb séduit dès les premiers paragraphes. L’autrice, qui est aussi une pasteure suisse, dispose d’une plume agréable qui sait dispenser de beaux moments d’humanité comme des passages très sombres sans jamais tomber dans une sinistre surenchère. En effet, la colonne vertébrale de ce récit tourne autour d’une famille particulièrement malsaine – le chapitre liminaire permet au lecteur de comprendre que les « porcs » décrits par l’écrivaine vont revenir au premier plan. Les personnages des policiers – de Nathan à Jacques en passant par Ajda – sont réussis et le format compact du livre comme de l’histoire est très appréciable. On regrette d’évidents écueils – l’intrigue autour des passeurs de drogue n’est qu’une digression et Vanessa Trüb reconnaît elle-même dans ses remerciements que « les descriptions des services de police […] ne reflètent guère la réalité », ce qui dessert la vraisemblance de l’ensemble. Néanmoins, le scénario est habile et cette vendetta qui se déploie sur plusieurs générations s’avère prenante.

    Un roman de facture somme toute classique mais malin et bien construit.

    /5