C’est à chaque fois le même rituel : le corps d’un homme est découvert, une main rabattue sur le cœur, un mouchoir dans l’autre, et un envoûtant parfum de jasmin planant sur la scène de crime. Le commandant de police Victor Dufresne sait que le tueur a un message à délivrer, des démons à éconduire et à vaincre. L’enquête va tourner à l’obsession.
Ce roman d’Emilie Chani impressionne dès les premiers chapitres : comment peut-on à la fois être aussi jeune et n’en être qu’à son premier ouvrage et disposer d’une plume si éclatante ? Les mots claquent, tous soigneusement choisis et ciselés, créant une atmosphère lourde d’angoisse et de sentiments ambivalents au gré d’un tempo cadencé. Les personnages palpitent d’humanité, de crédibilité, leurs failles en sont presque palpables sous les doigts du lecteur qui fait défiler ces pages d’une noirceur remarquable. Nina Fabre compose une protagoniste édifiante, brisée par une jeunesse soumise aux violences familiales et au harcèlement scolaire, tâchant par la suite de trouver l’élu de son cœur qui deviendra le bourreau de son corps. Parallèlement, le policier Dufresne est brillant dans ses profils psychologiques, meurtri par le décès de sa compagne Louisa lors d'un accident automobile et dont il porte encore le deuil. L’écrivaine a construit une intrigue de prime abord classique mais qui s’extrait sans mal de tout ce qui a déjà été précédemment écrit sur le sujet grâce aux ténèbres qui enveloppent ce récit, à l’indéniable talent de sa narration et à l’absence de tout temps mort. Les liens qui unissent Nina et Valentine sont équivoques, toxiques, et ce final dans un cimetière s’illustre par sa sobriété comme par son côté hautement symbolique.
Quelque part entre le roman à suspense et le noir, Emilie Chani impose sa présence au sein du paysage littéraire par ses aptitudes certaines à faire vivre ses personnages et à les laisser encore en vie dans l’âme de son lectorat une fois le livre achevé. Un ouvrage saisissant de maîtrise qui est également une sorte de plaidoyer féministe rédigé en lettres de feu.
C’est à chaque fois le même rituel : le corps d’un homme est découvert, une main rabattue sur le cœur, un mouchoir dans l’autre, et un envoûtant parfum de jasmin planant sur la scène de crime. Le commandant de police Victor Dufresne sait que le tueur a un message à délivrer, des démons à éconduire et à vaincre. L’enquête va tourner à l’obsession.
Ce roman d’Emilie Chani impressionne dès les premiers chapitres : comment peut-on à la fois être aussi jeune et n’en être qu’à son premier ouvrage et disposer d’une plume si éclatante ? Les mots claquent, tous soigneusement choisis et ciselés, créant une atmosphère lourde d’angoisse et de sentiments ambivalents au gré d’un tempo cadencé. Les personnages palpitent d’humanité, de crédibilité, leurs failles en sont presque palpables sous les doigts du lecteur qui fait défiler ces pages d’une noirceur remarquable. Nina Fabre compose une protagoniste édifiante, brisée par une jeunesse soumise aux violences familiales et au harcèlement scolaire, tâchant par la suite de trouver l’élu de son cœur qui deviendra le bourreau de son corps. Parallèlement, le policier Dufresne est brillant dans ses profils psychologiques, meurtri par le décès de sa compagne Louisa lors d'un accident automobile et dont il porte encore le deuil. L’écrivaine a construit une intrigue de prime abord classique mais qui s’extrait sans mal de tout ce qui a déjà été précédemment écrit sur le sujet grâce aux ténèbres qui enveloppent ce récit, à l’indéniable talent de sa narration et à l’absence de tout temps mort. Les liens qui unissent Nina et Valentine sont équivoques, toxiques, et ce final dans un cimetière s’illustre par sa sobriété comme par son côté hautement symbolique.
Quelque part entre le roman à suspense et le noir, Emilie Chani impose sa présence au sein du paysage littéraire par ses aptitudes certaines à faire vivre ses personnages et à les laisser encore en vie dans l’âme de son lectorat une fois le livre achevé. Un ouvrage saisissant de maîtrise qui est également une sorte de plaidoyer féministe rédigé en lettres de feu.