Bonaventura

1 vote

  • 8/10 Roland Bonaventura est responsable d’équipe chez les dockers de Marseille. Il est honnête et respecté, tout juste grand-père et la retraite approche à grands pas. Il trouve un soir dans son garage un jeune homme, Pierre-Marie, amoché au genou et qui sort d’une fusillade meurtrière dans un snack. C’est son neveu. Parce qu’il est recherché par des trafiquants de drogue et menacé, Pierre-Marie n’a pas eu d’autre choix que de se réfugier chez cet homme qu’il ne connaît que de nom. Bonaventura va devoir naviguer entre sang et larmes, mais il n’est pas dit qu’il ne trouvera pas les deux.

    Ce livre de Thierry Aguila, Prix du premier roman du Goéland Masqué en 2025, se distingue rapidement par sa belle musicalité. La plume est limpide, les mots chantent, les situations sont crédibles sans jamais sombrer dans de tristes stéréotypes. On y découvre aussi avec un grand intérêt le monde des dockers, avec leurs codes et leurs routines, leur profession si particulière et leur forte fraternité. Dans le même temps, les protagonistes sont soignés – notamment Bonaventura, dont le lointain passé sur l’île de Beauté n’émergera qu’à la fin de l’ouvrage, ou encore Pierre-Marie qui s’est cru prédateur alors qu’il est loin d’en être un. Le livre est assez court, avec un rythme fluide et pas le moindre temps mort, et si l’on peut volontiers lui reprocher un nombre coupable de fautes et autres coquilles, c’est l’épilogue qui se révèle remarquable. Il réserve de magnifiques instants, poignants et glacés, désarmants et sombres, où émerge une écriture sobre et sublime, chargée d’émotions contraires où les véritables hommes ne sont pas nécessairement ceux que l’on croit.

    Un roman noir et marquant, douée d’une belle texture humaine, et au final aussi travaillé que réussi.

    23/09/2026 à 05:33 El Marco (3929 votes, 7.2/10 de moyenne) 2