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7/10 Comme dans tous ses précédents opus, Sébastien Vidal fait la part belle à la Nature, cet écrin qu'il polit avec application et une poésie inventive, sans jamais se répéter — ce qui n'est pas une mince affaire sur plus de 250 pages.
C'est à l'évidence dans le « dehors » qu'il est le plus à l'aise, là où sa plume s'exprime pleinement. Beaucoup de passages seraient à souligner tant ils sont beaux.
Mais je trouve que ce nouveau roman marque aussi une vraie progression dans le « dedans » : l'intériorité de ses personnages, livre après livre, gagne encore plus en épaisseur et en finesse.
Et à l'instar de ses précédents opus, on ne lui trouvera aucune posture, aucun opportunisme : Sébastien écrit ce qu'il est. De la sincérité, de l'authenticité pur jus. En tant que romancier, il nous raconte une histoire, déroule son intrigue, construit son climax — oui — mais à travers ses personnages, il exprime surtout ses convictions profondes, sa colère intériorisée mais prégnante, sa lucidité face à un monde qui se consume à petit feu.
Avec ce livre, il signe probablement son roman le plus ouvertement engagé et politique, mais avec l'intelligence de ne jamais tomber dans le manichéisme — ici, le maire n'est pas un pourri, mais un gars qui n'a juste pas d'épaules, et les flics ne sont pas tous des brutes épaisses — ni dans le découragement.
Sans naïveté, l'auteur ne désespère pas (enfin pas totalement) de l'Humanité ; il croit encore à la solidarité de quelques hommes justes — et juste quelques hommes.
Les cent premières pages m'ont vraiment accroché, à l'image de la scène d'ouverture, très réussie. D'autres passages font également le job, comme l'exécution de la journaliste, d'une sécheresse efficace, sans larmoiement. Quelques clins d'œil musicaux et cinématographiques ont naturellement résonné en moi. Merci pour ça.
Parmi tous les personnages qui gravitent dans ce récit, j'ai eu une préférence pour Jolene — enfin un vrai rôle féminin, qui manquait peut-être à la bibliographie de Sébastien ! — et j'ai bien aimé Julius, le coupeur de feu, ainsi que Jarod l'homme-écureuil.
Forcément — on ne se refait pas —, j'ai aussi quelques réserves. Il y a un petit creux à mi-parcours, où le rythme retombe. Certains dialogues sont trop explicatifs. Et le dénouement m'a semblé un peu rapide, porté par quelques facilités scénaristiques et d'heureuses coïncidences qui m'ont fait tiquer .
Au risque de surprendre : je trouve « Une saison de colère » plus accompli que son plus gros succès à ce jour, « De neige et de vent ».
En faisant davantage confiance à son lecteur, en travaillant un peu plus la suggestion plutôt que l'explicitation, je suis convaincu que Sébastien produira encore de meilleurs ouvrages.26/07/2026 à 02:37 schamak (142 votes, 6.2/10 de moyenne) 5
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9/10 Une petite ville de Corrèze est secouée par différentes luttes qui finiront par se rejoindre.A partir de ces deux luttes, l’une sociale et l’autre écologique, Sébastien Vidal va déployer un récit aux multiples personnages. Dans le même temps il y ajoute un complot, plusieurs meurtres et une enquête policière. Vidal use parfaitement des ingrédients habituels du genre et orchestre ça de mains de maitre.
Il nous propose ainsi un beau roman noir, social, écologique et humaniste, porté par une belle écriture, ample et lyrique.13/07/2026 à 13:21 Fab (1064 votes, 8.1/10 de moyenne) 4
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8/10 Une petite ville de Corrèze au bord de la Vézère et traversée par la ligne ferroviaire Brive-Cahors. Deux combats sociaux secouent cette ville (imaginaire). La coulée verte – une zone poumon de la ville – et Belle Mèche- un hêtre mémorable âgé de quelques siècles, et, la fermeture de VentureMétal ; principal employeur du coin, qui doit émigrer en Roumanie.
Entre les négociations difficiles avec la multinationale, les politiques présents physiquement et rarement dans les actes, la ZAD et le mouvement des villageois pour défendre et protéger leur cadre de vie, et gendarmes et gardes-mobiles dépêchés sur les deux sites.
Une adjointe intéressée par le futur succès commercial du projet touristique, manipule le maire qu’elle juge faillible, active ses contacts, (son contact), un ancien colonel qui a quitté l’uniforme pour le costume cravate et un poste important à la sous-préfecture et qui fera appel à une jeune femme, ancienne militaire et devenue guitariste qui connait la musique et l’efficacité d’un flingue.
Un très bon polar écolo-politico-financier. Si l’affrontement grévistes industriels est intéressant, celui des zadistes défenseurs de la coulée verte, l’est davantage.
J’ai un faible pour Jolène l’ex sergent, guitariste, pistée par l’inspecteur Choo, tueuse à gages gagnée par le combat écologique.16/09/2025 à 17:50 Max (898 votes, 8.1/10 de moyenne) 7
