Wilderness

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  • 10/10 Lance Weller a bien sûr choisi le titre de "Wilderness" parce que c'est le nom d'une forêt qui a été le cadre d'une gigantesque bataille de la Guerre de Sécession, les nordistes dirigés par le général Grant et les Sudistes par le général Lee. Mais le terme signifie aussi "étendues sauvages", "nature vierge", et l'auteur va habilement jouer sur les deux tableaux : la guerre du temps de la jeunesse d'Abel Truman, et la nature sauvage alors qu'il est devenu un vieillard décharné et malade. Mais ce n'est pas aussi simple car les deux vont s'entrecroiser tout au long du récit pour former une fresque à la fois spectaculaire et intime, la guerre n'ayant jamais vraiment quitté Abel toutes ces années. La bataille de la Wilderness est un moment d'une horreur incroyable, d'une brutalité impitoyable pourtant magnifiée par la plume de Weller qui prend littéralement aux tripes. J'ai rarement vu une telle maîtrise, la poésie éclate au milieu du tumulte, ou ailleurs en pleine solitude dans la tourmente d'une tempête de neige, ou encore à la lueur des étoiles lors d'un campement... Au cours de son périple, Abel va rencontrer tous les laissés-pour-compte de l'Amérique : femmes, Noirs, Chinois, Indiens... Des êtres humains qui luttent pour survivre, pour gagner le droit d'être heureux, et qui doivent se battre contre la bêtise et le rejet, contre la nature, contre leurs fantômes surtout. C'est un roman intense, dur et beau, superbe du début à la fin. Et dire que Wilderness est le premier roman de Weller !

    17/04/2019 à 11:03 Horatio (268 votes, 7.5/10 de moyenne) 5