Ces mensonges qui nous lient

(The Lie Maker)

  1. La fabrique du mensonge

    A neuf ans, Jack a vu son père quitter le domicile familial parce qu’il avait trempé dans de sales affaires et qu’il allait intégrer le programme de protection des témoins. Un quart de siècle plus tard, Jack Givins vivote : ses romans ne se vendent pas et il vient d’échouer à être recruté par un journal. Une marshal lui fait alors une offre atypique et rémunératrice : écrire les biographies – fictives, donc – d’individus vivant désormais sous une fausse identité. Sa route et celle de son père pourraient à nouveau se croiser.

    Linwood Barclay est un auteur que l’on ne présente plus, tant en raison de sa riche bibliographie que de la qualité de ses œuvres. Une fois de plus, il s’illustre ici par une histoire originale et un pitch qui allèche. Son ouvrage, presque choral, est une réussite du point de vue de la structure et de la mécanique : les engrenages sont remarquablement huilés, intelligemment enchevêtrés, et tous les personnages sont d’une belle texture humaine. Les chapitres sont courts et alertes, les pages défilent à toute allure, et on aboutit presque rapidement à un épilogue où l’émotion est palpable et manifeste. Cependant, malgré ses indéniables qualités, cet opus pêche par un léger manque de crédibilité durant son dernier quart, avec des ficelles un peu épaisses qui étaient en outre visibles longtemps auparavant.

    Même s’il n’est pas exempt de menus défauts, ce thriller confirme, s’il en était encore besoin, tout le bien que l’on pense de Linwood Barclay, avec sa patte si particulière, son goût pour les histoires singulières et cette narration qu’il maîtrise avec un immense talent.

    /5