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9/10 Après le très bon « Le dernier étage du monde » je me suis lancé dans cet essai de Bruno Markov qui par contre n’est absolument ni un policier ni un thriller. En s’appuyant sur le personnage fictif de Pascal, décideur en proie à des cas de conscience sur sa capacité à continuer à prospérer sans projeter davantage notre monde vers un déclin qui lui semble inéluctable, l’auteur nous propose un essai très didactique qui met le doigt sur les contradictions que les personnes, comme Pascal, qui réfléchissent ou sont informées sont logiquement amenés à vivre dans ce conflit permanent entre les évolutions technologiques et les catastrophes écologiques qu’elles engendrent. (Accélérer ou atterrir !) La question devient alors comment faire sauter les verrous systémiques qui bloquent l’émergence d’un nouveau paradigme, plus respectueux de l’environnement ? Cela ne pourra se faire d’après lui qu’en prenant collectivement conscience qu’il faut changer les règles du jeu, basculer dans un jeu plus coopératif pour sortir notamment du fameux dilemme du prisonnier, apprendre à prioriser les usages et miser sur ce qu’il appelle l’intelligence naturelle. Même si la lecture n’est pas toujours aisée, l’auteur réussi à mon sens un tour de force en « vulgarisant » les concepts et en rendant consciente cette urgence qu’il y a à agir collectivement sur cette fuite en avant fatale que semble nous imposer un système qui ne repose quasi exclusivement que sur le modèle de la croissance.
18/03/2026 à 14:23 barde63 (201 votes, 7.6/10 de moyenne)
