2 votes
-
8/10 Des Diables et des saints est une plongée dans l’amour et l’amitié, comme on peut les découvrir à l’adolescence. C’est aussi une page sur l’apprentissage de la vie, d’une vie qui n’épargne pas les laissés-pour-compte que sont les orphelins, dans les années 60.
Cette histoire est racontée par cet homme, Joseph, ce vieux qui, de nos jours, arpentent les gares, les aéroports,… tous les lieux de passage où il y a un piano. Il s’installe devant l’instrument, caresse les touches et joue. Ses interprétations ne rendent pas insensibles les passants. Certains s’arrêtent, entendent la beauté qui coulent de ses doigts magiques, écoutent ses interprétations des plus grands maîtres. Et toujours ils s’interrogent : que fait un tel virtuose assis dans les halls de gare, d’aéroport à jouer du piano? Car sa place devrait être ailleurs, sur scène, auprès d’un public de connaisseur.
Mais la place de Joseph doit être dans ses endroits. 50 ans qu’il attend…
Depuis ce jour où la vie l’a foudroyé. Ce 2 mai 1969. Alors qu’il était un jeune adolescent, se faisant sermonner par son professeur de piano, son mentor, Alon Rothenberg, sautant sur son lit à écouter Sympathy for the devil des Rolling Stones, attendant avec impatience le voyage d’Apollo 11 sur la lune, Joseph va devenir orphelin. Il va être placé dans cet institut, Les Confins, dirigé d’une main de fer par l’abbé Sénac, qui fait subir tous les sévices possibles et inimaginables aux enfants, sous le bon œil de la foi chrétienne. Joseph va se lier avec quelques camarades de chambrée : Momo, Souzix, Edison, Fouine, Sinatra. Ils iront secrètement en haut de la Vigie, combattre en rêve les attaques des Russes, fomenter des plans pour s’évader … Car les Confins est une véritable prison, physique et psychologique. Alors chacun aspire à une liberté.
Parce qu’il est un virtuose du piano, Joseph aura un semblant de liberté : tous les samedis, il ira donner des leçons de piano à Rose, la fille de ce riche donateur. Rose, cette fille de bourgeois qui a en horreur Joseph, ce miséreux qui est habillé comme un pauvre. Rose, qui comme la fleur, est aussi attirante que piquante. Mais à s’approcher de trop près, on peut vite s’enivrer et redécouvrir le bonheur…
Jean-Baptiste Andrea décrit merveilleusement bien cette page de la vie de Joseph. Un livre rempli de poésie, de finesse, avec quelques expressions qui prêtent à sourire, des passages qui font réfléchir, questionnent sur le sens de la vie, de l’amitié et de l’amour. Des passages bouleversants, des pages remplies de tristesse, avec une mention particulière pour l’histoire du torero espagnol et du taureau blanc.09/07/2026 à 09:41 JohnSteed (812 votes, 7.7/10 de moyenne) 3
-
9/10 Jean-Baptiste Andrea est un des seuls auteurs qui sait m’arracher des larmes (je ne suis pas une mauviette pourtant !),
je n’en connais pas la raison précise car ses livres s’ils ne sont pas extrêmement joyeux ne sont pas non plus les plus terribles ou les plus tristes, loin de là… c’est surement une question d’émotion et de surprise qui se croisent.
Ce roman noir s’il possède indubitablement sa propre originalité m’a évoqué plusieurs autres histoires. Notamment celle des Évadés, de Stephen King.
Ce roman illustre comment on peut passer, à la suite d’un coup du sort, d’une situation heureuse à tout autre chose. Le héros touché par la mort brutale de toute sa famille se retrouve « prisonnier » d’un orphelinat. Avec son intelligence, ses talents et à travers la formation d’un groupe d’amis, sa vie trouve un nouveau sens et prend une tournure différente.
Sans similitude narrative, le lecteur se trouve dans l’ambiance de « Stand by me », le film (adaptation de « Le Corps » du maitre King, encore...), quelque chose de nostalgique, de doux-amer et d’émotionnellement riche.
Un roman initiatique plus que réussi qui me restera longtemps en tête.
27/11/2024 à 10:34 Alice (368 votes, 7.6/10 de moyenne) 6
