Fonds noirs

  1. « Vous n’avez pas idée du pétrin dans lequel vous vous êtes fourré, commissaire. »

    Paris, janvier 1986. Annabelle Kowalski vient trouver le commissaire Fabien Wouters : son père s’est défenestré mais elle ne croit toujours pas à la thèse du suicide. Désabusé, le policier va mener son enquête et se rendre compte que cette mort s’entoure d’autres événements suspects : il va aller au-devant d’un scandale politico-financier.

    Xavier Boissel, dont on avait déjà beaucoup apprécié Avant l’aube et Sommeil de cendres, nous revient avec ce roman noir de haute volée. On y retrouve la patte de l’auteur, avec un récit court, des descriptions rongées jusqu’à l’os, des personnages sombres et cette ambiance historique si particulière. Le lecteur va découvrir un récit qui plonge graduellement vers un sordide trafic d’armes, avec des ramifications politiques qui risquent de salement secouer la République. Si le thème est connu, Xavier Boissel n’a pas son pareil pour magnifier son intrigue avec habileté et sobriété, offrant quelques beaux instants d’émotion, comme dans ce vingt-cinquième et dernier chapitre. L’ensemble s’avère – malheureusement – très crédible, sans effet facile ni pétarade artificielle. Wouters, policier blasé, en cessation progressive d’activité, obstiné et réfractaire aux armes à feu, constitue un protagoniste de premier plan, solide et vraisemblable.

    Un ouvrage très convaincant, qui a en plus le toupet de faire preuve d’une belle économie de moyens. Toute ressemblance avec des faits et des personnages existants ou ayant existé bla-bla-bla…

    /5