Maigret chez le ministre

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  • 7/10 Un bon Maigret, où le poids de la politique politicienne pèse sur les épaules d'Auguste Point, au cœur d'un jeu de manipulation. Point qui ressemble tant à Maigret, par ses origines modestes, par ses manières... Le commissaire va faire le nécessaire pour faire la lumière sur cette sombre affaire. Plaisant à lire mais ne m'aura pas marqué autant que d'autres excellents textes du romancier belge.

    27/05/2023 à 10:01 LeJugeW (1779 votes, 7.3/10 de moyenne) 3

  • 8/10 Pour son côté "affaire d'état".
    Le rapport Calame.
    "- Ce serait vraiment un bombe s'il était publié ?
    - Sans aucun doute.
    - Pour quelle raison ?
    - Parce que le professeur Calame a pour ainsi dire annoncé la catastrophe qui s'est produite."
    Plus d'une centaine d'enfants ont péri dans un sanatorium, en Savoie. Et ce rapport, dont toutes les copies ont disparu sauf une, a atterri sur le bureau du ministre des Travaux Publics, Auguste Point. Qui se l'ai fait voler.
    Déshonneur assuré, bouc émissaire tout trouvé, le commissaire va-t-il pouvoir le sortir de ce pétrin ?

    En la personne du ministre Point, le commissaire va trouver son alter-ego en politique. Ils ont de nombreux points communs. Ce qui fait qu'il va mettre du cœur à l'ouvrage.
    Parce qu'au départ, çà ne l'enchante pas trop, la politique, c'est pas son truc. C'est à cause d'elle qu'il a été "banni" du quai des orfèvres un certain temps.
    Et ce côté "on marche sur des œufs", est très bien retranscrit, l'enquête est prenante, et on assiste à une cordiale guéguerre des polices très sympa.
    Du coup, pour ne pas rendre le roman plus complexe, les indices sont directs, pas de sous-entendu, et l'enquête en elle-même afin de retrouver le voleur et ses commanditaires est plutôt "facile", en particulier sur la fin.
    Qu'importe, on a la une bonne enquête de Maigret, qui part à la base d'une très bonne idée.

    23/03/2023 à 07:01 Lucas 2.0 (456 votes, 7.7/10 de moyenne) 4

  • 8/10 Une tragédie. Un peu plus tôt, cent vingt-huit enfants traités dans un sanatorium sont morts lors d’une catastrophe liée aux intempéries. Maigret a reçu chez lui un coup de fil du ministre des travaux publics, Auguste Point, parce qu’il a reçu de mains de Piquemal le rapport Calame, établi bien avant le drame, et qui prophétisait ce cataclysme. Malheureusement, le rapport a été volé et Point, homme de cœur et d’une immense probité, souhaite que le commissaire le retrouve avant que l’on ne prétende qu’il l’a sciemment détruit pour protéger des hommes politiques.
    Encore un très bon ouvrage de la part de Georges Simenon. Pour une fois, pas une enquête criminelle à proprement parler, mais une investigation au cours de laquelle il va falloir remettre la main sur ce fameux rapport, savoir qu’il l’a subtilisé et pourquoi. Ici, Maigret fait beaucoup appel à ses fidèles coéquipiers, ce qui délite parfois un peu l’intrigue avec quelques allers-retours où notre protagoniste est un peu moins mis en avant que dans d’autres des ouvrages. Néanmoins, deux points, excellents, ont marqué mon attention : la diatribe de l’auteur contre la classe politique (ce qui est en outre original dans sa bibliographie), avec les collusions, vilénies, manigances et autres chantages malodorants, où l’on comprend mieux pourquoi Maigret indique qu’il n’apprécie guère ces cercles. Deuxième point, qui en vient presque à contrebalancer le premier : la personne de Point. Résistant zélé et discret dont on n’a su que tard le rôle primordial pendant l’Occupation, c’est un individu intègre, un peu venu à la politique par hasard, tard, alors que tant de ses confrères n’y sont allés que par appât du gain ou des dorures, tremblant pour sa vertu quand il se voit déjà voué aux gémonies pour un forfait dont il est innocent. D’ailleurs, les dernières lignes, en peu de mots, avec une immense pudeur, révèlent l’étendue de sa probité et de sa belle éducation. Bref, un roman qui tranche avec les autres autant qu’un bien beau moment d’une lecture qui nous évite les poncifs du « tous pourris ».

    09/04/2022 à 08:12 El Marco (3313 votes, 7.2/10 de moyenne) 4

  • 8/10 Pour ceux qui s’intéressent à la vie politique, ce roman est très intéressant, ce roman avec anticipation nous décrit les arcanes de la politique d'aujourd'hui, la corruption, l’incompétence et le clientélisme de certains hommes politiques.
    Un très bon Maigret !

    14/09/2017 à 10:28 janjak (466 votes, 7.9/10 de moyenne) 8

  • 9/10 La politique, Maigret n'aime pas, pourtant il doit démêler un écheveau où se chevauchent apparemment manipulation, arrivisme, corruption et cupidité sur fond de tragédie humaine. Simenon allie encore construction, observation et description pour composer un roman très prenant. Ecoutons le maître : "Je suis un instinctif, dit-il à Bernard Pivot en 1981 lors de l'émission Apostrophes, je ne suis pas du tout un intellectuel. Je n'ai jamais pensé un roman, j'ai senti un roman. Je n'ai jamais pensé un personnage, j'ai senti un personnage. Je n'ai jamais inventé une situation. La situation est venue lorsque j'écrivais un roman mais je ne savais pas du tout où mon personnage allait me mener."

    31/08/2012 à 14:36 xavier (853 votes, 7.8/10 de moyenne) 6