Danser encore

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  • 8/10 Une écriture sobre, retenue, pudique : c’est ainsi que Charles Aubert raconte l’histoire de Johann Rukeli Trollmann, celle d’un homme, d’un boxeur, et d’un peuple tzigane broyé, comme tant d’autres, par la folie barbare nazie.
    Cette sobriété n’est pas un choix esthétique, mais une nécessité. Elle épouse la force, la beauté et la candeur de Trollmann, cet homme-arbre, et laisse affleurer, en filigrane, une poésie discrète où la nature — muette mais parlante — console, répare et accompagne.
    Avec un sens du métier qui ne sacrifie jamais la sincérité, Charles Aubert alterne douceur et violence, caresse et impact, sans jamais chercher à magnifier ou à sublimer artificiellement ce qu’il raconte. Il sait que la matière humaine et historique qu’il manipule se suffit à elle-même, qu’elle impose humilité et justesse, et qu’un style trop démonstratif aurait sonné faux, presque déplacé.
    "Danser encore" est un roman court et un hommage aussi vibrant que poignant, qui ne vous frappe pas comme un uppercut au foie ni comme un crochet à la mâchoire. Il agit autrement : il remue en profondeur, creuse une entaille intime, juste là, du côté du cœur, une blessure lente, silencieuse, qui continue de saigner longtemps à l'intérieur après la dernière page.
    Grand merci.

    28/02/2026 à 20:10 schamak (134 votes, 6.2/10 de moyenne) 3