La Huitième Case

(The Eighth Square)

2 votes

  • 9/10 A la Nouvelle-Angleterre, un groupe d'individus sillonne les confins perdus du pays. Parmi ces dix personnes se trouvent notamment le nouvel acquéreur du domaine parcouru et l'arpenteur Rogers, celui qui est chargé de montrer avec exactitude les limites de la propriété. Les autres membres de l'expédition sont l'assistant de l'arpenteur et les possesseurs des domaines voisins, sachant que tous se connaissent depuis bien des années. Au cours du périple, Rogers est pris d'un malaise suivi d'une sorte de démence. Il était malheureusement le seul à être capable de ramener les excursionnistes chez eux. Dès lors, il va falloir s'organiser et trouver un moyen de rejoindre la civilisation.

    Maître du thriller avec des romans comme Nécropolis ou La nuit du solstice, Herbert Lieberman signait en 1973 La huitième case, dont le titre s'inspire d'un écrit de Lewis Carroll. Ce roman à suspense s'amorce sur un thème assez classique : l'abandon de personnages dans un milieu hostile, sans espoir de salut s'ils ne retrouvent pas par eux-mêmes le chemin du retour. A cet égard, les protagonistes sont convaincants et leurs querelles très expressives, avec le surgissement de vieilles rancœurs quant à la famille, l'amitié, l'amour ou la convoitise. Si la langue d'Herbert Lieberman, très agréable, rend hommage à la nature de la Nouvelle-Angleterre, et le récit est savamment entretenu, il faut reconnaître que certains lecteurs risquent parfois de se lasser des disputes des personnages et de certaines situations, même si elles sont très bien senties et tout à fait valables.
    Néanmoins, là où le roman prend une tournure décisive, c'est dans l'épilogue. En quelques phrases, le lecteur comprend qu'il a été manipulé et que rien – à part peut-être une improbable intuition – ne pouvait le préparer à ce rebondissement. Le procédé pourra peut-être paraître facile à certaines personnes, mais c'est un moment délicieux qui oblige à se remémorer les événements passés pour mieux en apprécier la tournure, et permet à ce livre de véritablement se hisser au-dessus des autres grâce à cette ingéniosité de l'auteur, même si elle éloigne un peu cet opus du genre policier.

    La huitième case est donc un roman à suspense brillant, qu'il faut peu à peu assimiler pour mieux goûter au changement de situation final. Un très bel exercice de style qui aurait pu inspirer des réalisateurs comme Manoj Nelliyattu Shyamalan.

    02/11/2009 à 19:08 El Marco (1715 votes, 7.5/10 de moyenne)

  • 8/10 Le huis clos en forêt de ces personnages qui vont se découvrir quelques comptes à régler est une vraie réussite. L'hostilité d'une nature d'apparence si paisible quand tout allait bien fait écho aux bassesses humaines qui font se déchirer les héros de cette drôle d'aventure.
    Mais le vrai plus de ce roman, c'est son épilogue, un flash-back qui jette une lumière tout à fait singulière sur le reste de l'histoire. Le procédé est déconcertant et audacieux, ouvrant le champ à différentes interprétations possibles de ce qu'on a lu avant, laissant l'imagination s'interroger pendant un bon moment après qu'on a refermé le livre. Une prouesse qui peut rappeler la fin de "Shutter Island", de Dennis Lehane.

    16/03/2007 à 00:38 Dodger (444 votes, 7.7/10 de moyenne) 1