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4/10 Contrairement à Surcouf, je n’ai pas vraiment accroché à ce roman à énigme. Le cadre est original, et avoir pris un couvent mexicain de hiéronymites comme décor est loin d’être inintéressant. Après, j’ai rapidement déchanté. L’écriture est passable mais elle assure le minimum attendu et les personnages sont plutôt bien caractérisés. Mais le fait d’avoir autant appuyé le clin d’œil au « Nom de la rose » (le huis clos religieux, les meurtres suspects, jusqu’à l’intervention de l’Inquisition avec ce détestable Nicanor Romero qui n’est jamais qu’un avatar de Bernardo Gui) méritait un traitement louable, audacieux ou au contraire parodique, ce qui n’a jamais été le cas ici selon moi. Il faut attendre un tiers du livre pour que ça se déclenche avec le meurtre de sœur Felipa, l’ensemble donne l’impression d’être une pièce de théâtre au décor mal exploité (la carte au début de l’ouvrage ne sert à aucun moment), l’intrigue patine et se conclut de façon très tiède et insipide pour un mobile qui n’a rien d’original ni de mémorable. En plus, les nombreuses digressions culinaires de l’auteur ont fini par me lasser et conduire Oscar de Muriel à écrire des passages invraisemblables (« Maintenant qu’elle était propre, la plaie lui rappelait les tranches de bœuf fraîches qui pendaient dans les cuisines de San Hipolito »). Si l’on ajoute à ça un final abrupt, voilà un livre que j’ai trouvé très décevant, jouant sur des ressorts salement rouillés et prétextant un hommage à l’œuvre d’Umberto Eco pour se mettre en avant sans pour autant proposer de quoi s’élever à la hauteur de la cheville de l’opus précité.
19/06/2026 à 18:52 El Marco (3869 votes, 7.2/10 de moyenne)
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8/10 Sœur Juana, l’héroïne d'Oscar de Muriel, pourrait être la fille de Guillaume de Baskerville (Umberto Eco, Le nom de la rose) et l'arrière-arrière-arrière-arrière grand-mère de Robert Langdon (Dan Brown Da Vinci code). Elle est le personnage principal de ce roman à énigme monastique qui se déroule au couvent San Jeronimo de Mexico au XVIIe siècle. Roman original pour son héroïne donc, le lieu - un couvent de femmes hiéronymites mexicain -, l'époque - le Mexique colonisé du XVIIe. L’écriture est très fluide et très agréable. L'auteur nous immerge dans ce nouveau monde hispanique aux codes stricts et au système de castes extrêmement marqué. On a les espagnols nés en Espagne, les criollos (espagnols nés au Mexique), les métis (nés d'espagnols et d'indiens), les mulâtres (nés de blancs et noirs), les indiens et en fin de classement les esclaves noirs. Quant à l'intrigue, c'est un style classique, avec une unité de lieu puisque les sorties du couvent sont rares (les nonnes n'ont pas le droit de quitter le couvent). L'ambiance est mystique mais aussi éclairée par un vent nouveau des nouveaux philosophes et savants, mais aussi par une inquisition fanatique et aveugle toujours présente. Le coté exotique est très présent, la nourriture mexicaine est mise en valeur, comme le rythme de vie des nonnes de cet ordre de San Jeronimo aux règles plus souples que d'autres. Il est aussi raconté les dernières manifestations de la culture aztèque ou maya alors que tout est fait pour éradiquer le monde indigène, sauf la culture culinaire. Un bouquin très intéressant qui est le premier d'une série de 3, pour le moment. Soeur Juana Inès de la Cruz est un personnage historique, et une des poétesses les plus représentatives de la langue espagnole.
09/08/2024 à 17:05 Surcouf (556 votes, 7.3/10 de moyenne) 4
