Le Dard du scorpion

(The Scorpion's Tail)

  1. La mystérieuse cité d’or ?

    Au Nouveau-Mexique, le shérif Homère Watts tire sur un pilleur de sépulture. Dans la tombe, une croix d’une grande valeur datant du XVIIe siècle et un cadavre aux traits déformés par la douleur ou la terreur. Corrie Swanson, jeune agente du FBI, participe à une fusillade au cours de laquelle une gamine de sept ans manque de perdre la vie. C’est alors qu’on lui confie l’enquête sur les circonstances de la mort de l’inconnu découvert dans la fosse. Aux côtés de l’archéologue Nora Kelly, elle va se lancer sur la trace d’un étrange trésor tout en approchant de terribles secrets liés à la bombe atomique.

    Après Tombes oubliées, Douglas Preston et Lincoln Child nous invitent à la deuxième enquête de Nora Kelly, toujours avec la délicieuse Corrie Swanson dont la première apparition remonte aux Croassements de la nuit. Les deux écrivains, en habiles et éprouvés conteurs, nous entraînent dans un récit prenant et efficace, de la première à la dernière page, sans le moindre temps mort. Les chapitres alternent habilement, nous offrant notre lot de sensations fortes et d’arcanes : une ville fantôme (High Lonesome), l’énigme de ce cadavre (en réalité un dénommé James Doolin Gower, décédé aux alentours de 1945), un butin remontant à l’époque des conquistadors, le projet « Trinity » lié au premier essai d’une bombe atomique ainsi qu’un récit lié à Geronimo lui-même. Un beau bouquet d’intrigues agréablement liées, dont on n’obtient la résolution que dans le final. L’écriture des deux auteurs est exemplaire, cadencée et addictive, faisant qu’on ne lâche pas l’ouvrage avant de connaître le fin mot de tout cela. Il y a de bien beaux moments, comme la reconstitution faciale réalisée par Corrie ou un duel digne des plus mémorables avec ce jeune shérif Watts, charismatique en diable. Certes, quelques passages sont un peu capillotractés et certains personnages – notamment chez les militaires – sont assez stéréotypés, mais l’ensemble ne manque néanmoins pas de sel ni de piment : voilà le prototype de l’histoire de chasse au trésor bien menée, resuscitant chez le lecteur son âme d’enfant. Et quel régal, vers la fin, de voir apparaître l’inénarrable Aloysius Pendergast, le plus célèbres des agents fédéraux, qui viendra résoudra l’une des énigmes.

    Un tome très réussi, qui nous fait déjà trépigner quant à la sortie du troisième opus de la série consacrée à Nora Kelly, L’Antre du diable.

    /5