Dent de dinosaure

(Dragon Teeth)

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  • 8/10 Mille dollars : c’est le montant du pari tenu entre le jeune William Johnson et un contradicteur qui va porter le premier à partir dans le grand ouest américain aux côtés du paléontologue Othniel Charles Marsch. Le but de cette expédition à laquelle participent également une trentaine d’individus : des fossiles préhistoriques. Mais en 1876, la contrée n’est guère apaisée, et il n’y a pas que les luttes contre les Indiens qui sont à craindre : on compte aussi les hors-la-loi, les dangers naturels, ainsi que la propension de quelques sinistres personnages à capter la potentielle fortune d’autrui.

    Le regretté Michael Crichton, disparu en 2008, nous avait gratifié d’une belle collection d’ouvrages efficaces et marquants comme Jurassic Park, Soleil levant ou encore Sphère. En 2017 paraissait ce roman posthume, au moins aussi exaltant que ses illustres prédécesseurs. Il suit le périple de William Johnson, jeune homme de bonne famille, turbulent, qui va suivre le professeur Marsch – bien réel, celui-ci – dans sa quête de fossiles dans ce qui fut appelée la guerre des os, à savoir une puissante rivalité entre les paléontologues Marsch et Cope, débouchant davantage sur une sorte de guerre des égos tant cette concurrence donna lieu à de multiples excès. On trouve, tout le long de l’opus, les jalons d’une solide documentation exploitée par l’auteur et richement mise au profit d’un récit nerveux, recélant de multiples anecdotes et autres faits historiques détonants. Ce sera donc pour le lecteur l’occasion de suivre, au premier rang, la compétition acharnée des deux chercheurs précédemment cités ainsi qu’un témoignage vibrant sur ce qu’étaient les Etats-Unis en ces années 1870, encore labourés des cicatrices de la guerre de Sécession, et malmenés par les luttes contre les Indiens, la ruée vers l’or, etc. Michael Crichton rend un bel hommage à cette époque troublée, faisant d’ailleurs intervenir des personnages aussi véridiques que croustillants comme Robert Louis Stevenson, Wyatt et Morgan Earp. L’humour est également bien présent, entre la cupide Emily dont William tombe amoureux à ses dépens, Wyatt Earp qui prodigue d’habiles – et cocasses – conseils en cas de duel, sans même parler de cette demi-tonne d’ossements préhistoriques dont de nombreux pistoleros vont longtemps penser qu’il s’agit en réalité d’or.

    L’écrivain condense dans ce livre la fougue du roman d’aventures, l’érudition du documentaire éclairé, la frénésie du western à l’ancienne. Inutile de chercher une étiquette synthétisant toutes ces qualités : c’est du Michael Crichton pur jus, inimitable, diablement singulier et incroyablement efficace.

    24/03/2023 à 07:08 El Marco (3301 votes, 7.2/10 de moyenne) 4

  • 8/10 Une pincée d'Alexis Vassilkov de Bernard Prou, une autre de Papillon & Banco d'Henri Charrière et vous obtenez un roman d'aventure très plaisant. William Johnson est un personnage captivant, et les multiples péripéties qui jonchent son histoire rendent particulièrement savoureuse la lecture de cet inédit de Michael Crichton.
    J'ai trouvé une phrase dans la postface de sa veuve qui caractérise parfaitement bien ce que je pense des romans de l'auteur : « On sort toujours d'un roman, d'un film ou d'une série de Michael Crichton avec l'impression d'être plus intelligent et l'envie d'en savoir davantage. »
    Foncez !

    09/06/2021 à 16:30 Fredo (1163 votes, 7.9/10 de moyenne) 5