Ma Cousine Rachel

(My Cousin Rachel)

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  • 9/10 Entrer dans l’univers littéraire de Daphné du Maurier est toujours, pour moi, un instant délicieux. L’atmosphère y est envoûtante, et l’écriture aussi précise que précieuse. L’intrigue prend le temps de se mettre en place, et le final est aussi inattendu qu’efficace. Bien que ne connaissant, à ce jour, que très peu sa bibliographie, je peux sans crainte affirmer que Ma Cousine Rachel (titre très balzacien!, même si aucun lien de parenté n’est avancé avec Le Cousin Pons) est une réussite.

    Plongeons-nous dans cette atmosphère, tout d’abord. Les Cornouailles, Angleterre, vers les années 1830, dans un grand domaine fermier. Philip Ashley a été recueilli et éduqué par son cousin Ambroise, plus âgé que lui, alors qu’il n’avait que 18 mois après la mort de ses parents. Ambroise fut un homme juste, équitable, rempli d’affection pour Philip. Ce dernier a tellement pris pour exemple voire modèle Ambroise que les deux cousins, si ce n’est leur différence d’âge, se ressemblent trait pour trait, même physiquement. Alors que Philip atteint ses vingt ans, Ambroise est vivement invité par son médecin à passer les hivers aux bords de la Méditerranée et profiter du climat plus sec de la région. C’est ainsi qu’Ambroise part pour Florence et laisse la gestion du domaine à Philip.

    Les deux cousins échangent par lettres et c’est de cette manière qu’Ambroise annonce la relation qu’il entretient avec la Comtesse Sangaletti, qui se fait appeler la cousine Rachel, du fait d’une lointaine parenté avec Ambroise. Les semaines passant, Ambroise se découvre une passion tardive et annonce plus tard à Philip leur mariage. Le jeune cousin en est tout chamboulé et voue une amertume non feinte à l’encontre de cette femme qui lui a pris son cousin. Il ne faut pas longtemps à Philip pour effectuer le voyage à Florence après avoir reçu une étrange lettre dans laquelle Ambroise le somme de venir à son secours, souffrant d’étranges maux, qui lui rappellent la tumeur au cerveau qui avait emporté son père. Mais surtout, il affirme que Rachel essaie de l’empoisonner. Le temps du voyage, Philip ne peut qu’apprendre la fin tragique d’Ambroise et la disparition de cette Rachel.
    De retour en Angleterre, Philip est en colère et en veut à cette Rachel qui a tué son cousin. Il se jure de le venger.

    Quelques semaines plus tard, Rachel débarque en Angleterre. Sermonné par son parrain et tuteur, Mr Kendall, Philip reçoit la cousine Rachel. Lui, qui détestait sans la connaître Rachel, tombe sous le charme de la cousine. Comme hypnotisé voire envoûté, il met désormais toutes les accusations d’Ambroise aux oubliettes. Pire, alors qu’Ambroise n’avait pas signé le nouveau testament en faveur de Rachel, Philip va avoir à cœur de réparer cette injustice. Oui, il éprouve pour Rachel des sentiments troublants, voire amoureux. Dans les affaires d’Ambroise, une lettre du défunt avertit Philip sur la prodigalité de cette cousine : « L’argent, Dieu me pardonne de dire cela, est l’unique chemin de son cœur ». Alors quand Philip commence à ressentir les étranges maux dont Ambroise est mort, il se rend compte qu’il s’est méprit sur sa cousine Rachel… ou pas…

    Daphné du Maurier est une magicienne du suspense. Il faudra attendre les tout derniers mots du livre pour apprendre le dénouement et comprendre toute cette histoire. Ma cousine Rachel fait partie des livres les plus envoûtants de l’autrice, à l’instar de Rebecca, une autre femme envoûtante. Mais c’est une autre histoire.

    hier à 09:03 JohnSteed (799 votes, 7.7/10 de moyenne) 1