L'Ange rouge

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  • 8/10 le Commandant Alain Dubak n'est pas un flic ordinaire. Flic borderline. Respecter la procédure et une certaine déontologie ce n'est pas on truc. Il cogne, il frappe pour obtenir d'un gars louche, d'un dealer, d'un suspect ou d'un témoin, afin qu'il se "confie" ou qu'il "crache le morceau" le plus vite possible. Ancien des Stups et accro à la coke, il, ainsi que sa fine équipe, se voit confié l'affaire du crucifié de la Saône. Nous sommes en 1998.
    Une plongée hallucinante dans un Lyon sombre, à la poursuite d'un serial-killer.
    ici, les assassins et les flics se ressemblent. Ce sont des écorchés vifs et ils ne sont pas des anges. Pourtant, j'ai apprécié le personnage de Mamy, la Capitaine Nicole Piroli.
    Un roman noir très sombre. Un dénouement brutal.
    Un style vif, saccadé et répétitif. Ecriture nerveuse. Un rythme efficace.

    28/01/2022 à 17:49 Max (408 votes, 8.2/10 de moyenne) 4

  • 4/10 Médéline assume jusqu’au bout la spirale sombre de son histoire, lui offrant un dénouement violent et explosif, et un final tout en contraste émotionnel, assez réussi.
    Mais c'est bien là le seul positif que je peux retenir de ce roman (avec le personnage de Mamy, et l'utilisation intéressante du décor lyonnais choisi par l'auteur). Parce que, pour le reste, je n'ai vraiment pas aimé.

    Pour faire polar, Médéline recourt au style élusif. Phrases très courtes, grammaire minimaliste, reprises martelées des pronoms personnels (« elle fait ci. Elle dit ça. Elle sort. Elle revient. ») Ellroy pour les nuls, en quelque sorte.
    Ça peut faire écriture, à condition d’avoir le sens du rythme. Médéline en manque. Au lieu d’être percutant, c’est lancinant, limite chiant. Au moins c’est rapide à lire. Mais pour le plaisir du verbe, on repassera.
    Ah oui, parce qu'apparemment, selon Médéline en tout cas, pour faire viril, faut coller des « pédés » et des « fellations » partout. C’est un genre. Pas le mien.

    Sur le fond, ça sent le réchauffé à tous les étages, à coup d'inspiration mal digérée et de recyclage sans génie. On a droit au flic solitaire, ancien cocaïnomane, aux méthodes de voyou, toujours sur le fil, et entouré d'adjoints tout aussi déglingués. Des flics vulgaires et bas du front, qui voient des « homos » partout (et dans leur bouche, ça sonne tout de suite suspect, limite dérangeant).
    Sans parler de la psy plus ou moins donneuse de leçons, qui vient ajouter d'autres poncifs à ceux qui plombent déjà le roman. Et du tueur en série, dont le profil est tellement vu et revu que même les scénaristes hollywoodiens en mal d’inspiration refuseraient de s’abaisser à un truc pareil – même pour ébaucher une fausse piste. Et on ajoute des symboles religieux bien lourdingues, déjà vus déjà lus qui plus est.

    Bref, ce genre de polar poisseux, brutal et grossier, ce n'est pas (plus ?) mon truc. Mais comme il a ses amateurs, je vous laisse juge !

    04/06/2021 à 09:57 Dodger (470 votes, 7.7/10 de moyenne) 2