Ce que tu as fait de moi

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  • 8/10 À l'heure de Me too, sûr que cette histoire à la frontière du sordide et du tragique peut heurter les consciences, et susciter le malaise...
    Les sentiments exacerbés, les rapports (de force) imposés, la relation entre pouvoir et désir ; Giebel décortique une nouvelle fois une mécanique passionnelle auto-destructrice, dont les rouages peuvent broyer même les plus endurcis, et pousse dans leurs derniers retranchements les victimes de cette aliénation sentimentale...
    Précédemment, Giebel a souvent flirté avec les lignes, dans ses love story au parfum de souffr(ance), et là encore, elle place son lecteur dans une position extrêmement inconfortable...
    Témoin d'une relation vénéneuse et toxique, ni consentant, ni complaisant, il s'interroge sur la possibilité (?) laissée aux deux protagonistes de choisir ce qu'ils vont subir...
    On pourra bondir, s'agacer ou s'enthousiasmer devant cette histoire assez rude à soutenir car, honnêtement, il est difficile de sortir indemne de ces confessions...
    À l'heure du verdict, j'imagine que les avis seront partagés, que l'on soit fan ou pas, que l'on soit femme ou pas...
    Les nouveaux censeurs du XXIème siècle, ces tribunaux des réseaux sociaux, ces imparables pères-la-vertu, y verront peut-être un innommable encouragement à la débauche et à la luxure...
    Mais qui seraient-ils donc pour juger quelqu'un pour quelque chose, sans l'avoir déjà vécu ?
    Tenter pour une fois de se mettre à la place, plutôt que de vouloir toujours remettre en place...
    L'interrogation, plutôt que l'inquisition...
    Trouver les mots de l'indicible, pour guérir les maux de l'invisible, voilà la tentative de Karine Giebel pour concevoir l'inconcevable...
    Et nul doute que parvenu au terme de cette éprouvante aventure, vous serez bien en peine d'évaluer la déflagration que peut provoquer une passion telle que celle vécue par Laetitia et Richard...

    03/12/2019 à 16:08 jackbauer (529 votes, 7.1/10 de moyenne) 6

  • 6/10 Un Giebel efficace dans son suspense mais vraiment moins intense que le précédent, autant dans le sujet que dans son traitement.

    L'incompréhensible et destructrice passion que vivent Laetitia, lieutenant stagiaire aux Stups, et Richard son commandant de patron a tourné en tragédie. Qui est coupable ? Voilà l'enjeu du bouquin.

    Les 550 pages, comptées du point de vue des policiers de l'IGPN qui interrogent les deux prévenus passent assez facilement (il y a des longueurs tout de même) mais passé ce huis clos dérangeant et voyeur, je n'en retiens pas grand chose.

    Divertissant.

    01/12/2019 à 22:23 clemence (269 votes, 7.7/10 de moyenne) 4