Torrents

6 votes

  • 8/10 1984 : des morceaux de corps de femmes, dispersés au gré de la Vissalès, une rivière. Le chirurgien Pierre Neyrat devient rapidement le suspect numéro un, d’autant que pèsent également sur lui le soupçon de l’inceste et la mort atroce de sa première épouse. François Neyrat, auteur naissant de BD et fils du suspect, est d’autant plus touché que sa première compagne, Emilie Goulard, a été tuée en août 1979. Il faudra remonter le cours de l’histoire de la famille Neyrat, quitte à faire un détour par les atrocités de l’Occupation et de la Résistance.
    Je découvre ici la plume et la bibliographie de Christian Carayon, et j’ai rapidement été happé par l’histoire. Un récit très bien écrit, chargé de sens et de références au cycle de l’eau, assurément sombre, et, au gré des quatre parties où les voix se juxtaposent plus qu’elles ne s’imbriquent vraiment selon moi, la réalité va lentement apparaître, des abominations commises par les extrémistes et pseudo résistants aux collabos en passant par les détraqués du sexe. J’ai beaucoup apprécié les passages liés à la dénonciation des atrocités commises par les moralistes de la vingt-cinquième heure et autres revanchards de la toute fin de la Seconde Guerre mondiale comme les saloperies perpétrées par le collabo Rivière (prenant un plaisir plus que malsain à balancer des prisonniers juifs du haut d’un pont et faisant sauter leurs corps avec des explosifs avant qu’ils ne touchent l’eau). En revanche, je suis un peu plus sceptique quant à l’ultime quart du récit qui, même s’il multiplie les révélations, oublie en partie le passé qui ne nourrit que lointainement la partie consacrée aux cadavres déversés par la rivière. Néanmoins, l’ensemble demeure très solide, fort lorsqu’il s’attache à porter un éclairage si ambivalent sur les relations entre les membres de la famille Neyrat, et saturé de symboliques liées à l’élément liquide.

    20/04/2026 à 07:53 El Marco (3836 votes, 7.2/10 de moyenne) 2

  • 8/10 Un fait divers abomiffreux sert de fil rouge à une histoire de famille captivante.
    Personne n'est épargné tout au long de l'évocation de la vie du père, jusqu'à l'épilogue de ces meurtres sordides.
    A souligner l'excellente version audio de Bertrand Pazos, qui met particulièrement en valeur, les longs chapitres narratifs.
    8.5

    06/01/2024 à 11:38 charlice (463 votes, 7.6/10 de moyenne) 4

  • 8/10 Un très bon roman, bien construit et très agréable à lire.
    Christian Carayon développe l'histoire de la famille Neyrat, mais il faut reconnaître que c'est un peu au détriment de l'enquête sur le dépeceur qui reste uniquement en arrière plan.
    Heureusement, il apporte tout de même des réponses à l'affaire, même si elles sont insuffisamment développées à mon goût.
    Au final, le roman vaut surtout pour l'histoire familiale, qui a pris sa source pendant l'occupation, et cette histoire est passionnante.

    06/09/2021 à 14:29 ericdesh (1074 votes, 7.4/10 de moyenne) 5

  • 8/10 J'ai aimé ce polar car la narration est intéressante. On y trouve les points de vue de trois des protagonistes qui donnent un éclairage forcément différent à l'histoire. Ce roman parle aussi de la difficulté d'un père à montrer à ses enfants combien ils comptent pour lui. C'est très touchant. Et bien sûr, je n'oublie l'intrigue policière qui est la raison de tout cela...

    16/10/2019 à 16:09 calimero13 (1222 votes, 7.5/10 de moyenne) 7

  • 8/10 En bref, un roman noir où la tension psychologique est à son comble ! Entre amour filial et trahison, les doutes s'installent et la vision du Père est remise en question. Christian Carayon maîtrise parfaitement les différents sujets qu'il aborde, très intéressants et plutôt rarement traités, tout en mettant le lecteur face à sa propre morale.

    25/11/2018 à 09:45 Riz-Deux-ZzZ (559 votes, 6.9/10 de moyenne) 5

  • 8/10 François, dessinateur de vocation, a tout perdu quand sa compagne Emilie a disparu en 1979. D’autres disparitions, par la suite, perturbent le microcosme campagnard où vit sa famille, avec en prime la découverte de restes humains dans le torrent. François va revenir dans son village natal car il ne croit pas en la culpabilité de son père, soupçonné d’être « le dépeceur ». L’enquête qu’il va mener avec l’aide de Camus, ancien flic, va l’entraîner à révéler les secrets de famille, ceux que le père a enfouis quand il a changé de région, après la seconde guerre mondiale et les exactions commises au nom de « l’épuration sauvage ». Ce père va passer de la position de notable à celle de proscrit … et s’il était innocent ? Comment François va-t-il pouvoir passer du doute au mensonge pour préserver le peu d’honneur qu’il reste à sa famille ?
    Ce sont bien ces questions que se pose le lecteur au cours de cette double enquête. On sent très bien la patte de l’historien quand François est obligé de rouvrir les vieux dossiers.
    Des chapitres courts et rythmés, trois narrateurs, contribuent à impliquer le lecteur dans la quête de la vérité avec un suspense final bien mené.
    C’est le quatrième roman de Christian Carayon … auteur à suivre notamment pour l’ambiance campagnarde qui n’est pas sans rappeler celle de Franck Bouysse, attirante et étouffante à la fois où le silence est une valeur partagée, complice de la religion du secret.

    28/10/2018 à 11:29 Dany33 (535 votes, 8/10 de moyenne) 9