Sauvage Marquenterre

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  • 8/10 Un corps vient d’être découvert dans le parc du Marquenterre. Malgré les atroces blessures laissées sur le cadavre par les sangliers, son identification aboutit rapidement : Casimir de Waben, un homme d’affaires qui allait faire construire dans les parages un grand complexe hôtelier. C’est à l’adjudant de gendarmerie Paul Beauvillain que revient la tâche d’éclaircir ce crime. Et les suspects ne manquent pas…

    Après Le Vagabond de la baie de Somme, nous retrouvons Beauvillain dans cette nouvelle enquête. Toujours à la plume, Léo Lapointe nous enchante. Une écriture exquise, un pur bonheur, où l’on sent sans le moindre mal l’amour de l’auteur pour cette région si farouche, et qui recèle de bien étranges personnages. Puisque l’on parle de ça, les suspects sont nombreux : le meurtre serait-il l’œuvre de militants écologistes opposés à l’édification de l’hôtel ? Un des nombreux salariés ? Un membre de la concurrence ? Et que dire de ce mystérieux ermite qui hanterait les lieux ? Avec l’aide de son ami et collègue, le brigadier Bernard Tarteron, surnommé TdB, Beauvillain devra déployer des trésors d’intelligence et de pugnacité pour remonter la piste de l’assassin. Un véritable nœud où se croisent des intérêts contradictoires, depuis la préservation de l’environnement jusqu’à l’appât du gain. Un roman très procédural, ancré sur le quotidien très crédible et détaillé d’un OPJ, avec les protocoles, les procédures, les interrogatoires, l’épluchage intensif et minutieux des indices. Un entrelacs où Léo Lapointe sait semer des dialogues amusants, voire savoureux, et glissant quelques clins d’œil, comme ces protagonistes portant des noms d’autres auteurs et certainement des amis à lui (Jean-Christophe Macquet, Michel Vigneron, J. Wouters ou Claude Vasseur), tous ayant publié des ouvrages chez Ravet-Anceau. Un récit fort et prenant, plausible de bout en bout, réservant quelques belles scènes, comme cette attaque de goélands contre laquelle l’adjudant doit user de son arme de service pour protéger ce qui reste d’un cadavre, ou ce moment éthéré, presque touché par la grâce, au cours duquel il voit un François d’Assise moderne en pleine communion avec des oiseaux.

    Un roman à suspense maîtrisé et attachant, qui se conclut sur une belle page, poignante, de cavale avortée.

    18/07/2019 à 22:52 El Marco (1701 votes, 7.5/10 de moyenne) 2