Souvenirs effacés

(Der Trakt)

  1. Aux portes de la folie

    Quand elle se réveille du coma, Sibylle perd complètement pied. Elle revoit parfaitement l’enlèvement de son fils, revoit même le bras tatoué du kidnappeur. Quand le médecin à son chevet lui apprend qu’elle n’a jamais eu d’enfant, puis que son propre mari ne la reconnaît pas, la jeune femme bascule complètement. Que se passe-t-il ? Lui joue-t-on une mauvaise farce ? Et en qui peut-elle avoir confiance ?

    Après Enterrées vivantes, voici le deuxième ouvrage d’Arno Strobel. On y retrouve les ressorts du précédent ouvrage, avec une femme qui plonge dans une situation ubuesque, en pleine anomie, et où grondent l’aliénation et la paranoïa. Si l’on pouvait reprocher à Enterrées vivantes une langue trop chiche, il n’en est rien ici. La plume de l’auteur a pris indéniablement de l’épaisseur, même si elle demeure assez sèche, et confond le lecteur au gré des multiples rebondissements. Les personnages, nécessairement interlopes, sont nombreux : deux policiers, un quidam qui prétend en savoir beaucoup sur un complot, une sexagénaire qui porte secours à Sibylle, un médecin tirant bien des ficelles, un ancien légionnaire devenu mercenaire, etc. Arno Strobel multiplie les fausses pistes, les zones d’ombre, les identités multiples, les chausse-trapes. Et ce n’est que dans les ultimes pages que l’intrigue se résoudra. Une explication scientifique, qui réjouira les amateurs de machinations et de conspirations médicales.

    Un roman échevelé, efficace et prenant, avançant au fur et à mesure du récit des apparences de vérité pour mieux les escamoter par la suite, dans un enchaînement presque sans fin de leurres et de contre-vérités.

    /5