Requiem pour Miranda

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  • 7/10 Sylvain Kermici avait fait son entrée en littérature avec Hors la nuit, court roman paru à la Série Noire en 2014. Ayant suivi Aurélien Masson dans son nouveau projet Equinox, l'auteur est toujours aussi concis – 170 pages au format poche ici. Là où beaucoup font trop long ou peinent à stopper leur plume dans son élan, Sylvain Kermici sait faire ramassé et là, en l’occurrence, il n'y avait aucune nécessité à être plus disert.
    Dans un première partie, on s'interroge et tremble d'effroi avec cette jeune femme qui se refuse encore à voir sa fin venir mais qui ne voit pas comment elle pourrait se sortir de cette situation désespérée. Dans un second temps, l'objectif se fixe sur les deux hommes, deux êtres dangereusement ternes qui se sont trouvés pour le pire. Ils essaient vainement d'assouvir leurs pulsion mais semblent inéluctablement enferrés dans une fuite en avant de l'horreur. C'est donc tous les protagonistes qui sont donc enfermés d'une manière ou d'une autre : la première littéralement, les seconds dans leurs comportements dépravés dont ils retirent finalement à peine le plaisir escompté.
    C'est épuré, quasi clinique, surtout lorsque l'auteur s'intéresse aux deux « monstres » et il est bien difficile de recommander chaleureusement cette lecture, dérangeante s'il en est. Pourtant, Sylvain Kermici ne verse jamais dans la surenchère et les violences sont plus suggérées que gratuitement données à voir comme dans nombre de thrillers gores. Ici l'horreur est plus psychologique et peut-être, de ce fait, plus atroce encore.

    Avec ce curieux huis clos fort bien écrit, Sylvain Kermici revisite à sa manière le récit de séquestration. Terrible. Glaçant.

    08/11/2018 à 14:31 Hoel (727 votes, 7.7/10 de moyenne) 4

  • 7/10 Il faut se délecter du nectar! Pas par soif vitale mais par unique plaisir, plaisir coupable, véniel, où l’on ressent au siège des émotions une emprise barbare et catalytique. De ces courtes pages, l’adhésion doit être totale afin de frissonner à l’insondable, de s’emplafonner dans l’innommable. La sécheresse du propos ne s’ampoule pas de détails superfétatoires. Et si l’on s’isole dans sa bulle, on fait face à une sombre fable, ouvrant la porte du royaume d’Hadès. On ose y entrer ou l’on refoule cet univers.

    Pile ou face?

    09/09/2018 à 20:48 chouchou (503 votes, 7.6/10 de moyenne) 2