Piégés entre les murs de la nuit

  1. D’un paradis à l’enfer

    « Villa Eden ». Le lieu où, en toute innocence et en tout romantisme, Enzo et Aïcha, deux adolescents, vont enfin se donner l’un à l’autre. Une immense maison, esseulée depuis le départ de ses propriétaires, où ils vont s’aimer pour la première fois. Mais rien ne va se passer comme prévu.

    Après Piégés dans le train de l’enfer, voici le deuxième tome de la série Piégés signée par Hubert Ben Kemoun. On y retrouve l’aisance de l’écrivain à tisser les ambiances, les sentiments. Certaines scènes, comme l’acte d’amour entre Enzo et Aïcha, sont des modèles de pudeur et d’humanité, avec à la fois beaucoup de tact et de bienveillance. C’est aussi pour l’auteur l’occasion de réitérer le tour de force établi dans le précédent tome : prendre une situation de prime abord inoffensive, la passer au shaker et livrer les protagonistes à la mâchoire du chaos. Car les deux amoureux ne seront pas seuls dans cette demeure. Il y aura Fréha et Nour, deux sœurs clandestines, l’une veillant sur l’autre, blessée. Elliot, Romain et Billy, trois petites frappes, qui vont cambrioler la maison. Et le hasard mettra également en scène Loretta, une malheureuse femme battue, épouse d’un être autrefois tendre et avenant, aujourd’hui alcoolique, cassant et violent. Ces divers individus vont se rencontrer, se croiser, se heurter. Il y aura du suspense, des larmes et du sang. Hubert Ben Kemoun a ménagé de nombreux rebondissements dans son récit, notamment quant aux motivations réelles de ce cambriolages perpétré par le trio de malfrats, avec l’arrivée inattendue d’un personnage qui va en partie rebattre les cartes. Et même si l’épilogue de cette affaire sera heureux, les personnages resteront longtemps marqués par cette histoire forcément noire puisque nocturne.

    Un très bon roman destiné à la jeunesse, avec son lot de tensions et de sentiments magnifiquement dépeints, que les adultes croqueront certainement avec le même appétit.

    /5