Maigret et Monsieur Charles

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  • 8/10 Dernière enquête de Jules Maigret.
    Assis à son bureau, Jules Maigret, bougon, joue avec sa collection de pipes. Quelques heures auparavant, il a été convoqué par le Préfet de Police. Chose rare. L’objet de la convocation : le poste de Directeur de la PJ. A trois ans de la retraite, Jules Maigret, qui a débuté « aux garnis » souhaitent achever sa carrière comme il entend. Et tant pis s’il a froissé ou déçu.
    Le Petit Lapointe lui annonce qu’une certaine Nathalie Sabin-Levesque désire le rencontrer. Son mari, notaire prospère, a disparu depuis un mois. Et, lui confie également qu’il « fugue » régulièrement – quelques jours ou une semaine.
    Accompagné de Lapointe, il débarque au « Chat Botté », rue du Colisée, où le barman lui apprend que Gérard Sabin-Levesque est Monsieur Charles. A « La Belle Hélène », rue Castiglione, Maurice Mocco, le barman, lui apprend qu’il avait jeté son dévolu sur Leila, une entraîneuse. « Au Cric-Crac », rue Clément-Marot, Zoé, une autre entraîneuse, reconnait que Monsieur Charles passait quatre jours dans son studio. Et qu’ils ressemblaient à des vieux amants.
    La quête de Maigret est vaine. Puis, on repêche, au pont de Grenelle, le corps de Gérard Sabin-Levesque - Monsieur Charles.
    Une disparition, enquête de routine, un mort. L’alcoolisme. Un couple disparate. Du classique Simonien.
    Assez bavard, même beaucoup. Des descriptions mini-minimalistes. Maigret semble être dépourvu d’humanité et de compassion. Lucas est quasi absent. Torrence tout-à-fait.
    Le duo Maigret-Simenon est fatigué et usé, (après 75 romans, 28 nouvelles).
    (8, pour ce baisser de rideau)

    11/06/2026 à 15:55 Max (897 votes, 8.1/10 de moyenne)

  • 7/10 Le dernier opus de la série consacrée au commissaire Maigret, et même s’il ne fait pas partie des meilleurs, j’ai pris, comme d’habitude, un grand plaisir à le lire. Nathalie Sabin-Levesque, celle qui demande à Maigret de retrouver son homme disparu depuis un mois, constitue la pièce maîtresse de ce roman. Alcoolique invétérée, pratiquant l’autodestruction par les breuvages, son portrait psychologique domine cette œuvre où le côté policier n’est que peu présent, finalement. Un livre qui porte avant tout sur la déchéance, les amours éconduites, les grandes déceptions du couple, la tragédie du délaissement et de la solitude, et dont le dénouement, au chapitre 8, à la fois sacrément court et chargé d’émotions contradictoires, n’est finalement guère important au niveau de l’intrigue, puisque chaque lecteur l’aura quasiment résolue tout seul de son côté. Et c’est également un roman sur le doute, puisque Maigret ne cesse de douter : quant à son travail (il refuse dès la deuxième page de devenir le chef de la PJ et entrevoit déjà sa retraite, dans trois ans), à la personnalité intime de Nathalie (avec un brin de compassion qui fait qu’il la désigne souvent par son prénom), et aux trajectoires qu’il doit donner à son investigation.

    18/11/2018 à 19:00 El Marco (3869 votes, 7.2/10 de moyenne) 4