Stick

  1. Micmac à Miami

    Ernest Stickley pensait en avoir fini avec les tracas en sortant de prison. Erreur. Au cours de ce qui aurait dû être un simple troc, son copain Rainy se fait abattre alors que c’était lui qui aurait dû être la proie des balles. Et ça n’est encore que le début des problèmes…

    Elmore Leonard nous a quittés il y a plus d’un an. Sa bibliographie imposante, les nombreuses adaptations cinématographiques, mais surtout le ton de ses œuvres nous manquent désespérément. Il suffit d’entreprendre la lecture de n’importe lequel de ses romans pour s’en rendre compte. Avec ce Stick, la patte de ce géant de la littérature est immédiatement reconnaissable, et elle a pourtant cette capacité si paradoxale de nous surprendre à chaque fois. Un humour total, dans les portraits psychologiques ou dans les réparties, à en tomber du fauteuil. Des personnages tous plus cocasses les uns que les autres, jugez-en vous-mêmes. Stick, sympathique cambrioleur, à la fois maladroit dans les braquages et suffisamment irrévérencieux pour mettre en pétard un mafieux. Cornell, majordome prêt à se plier aux exigences sexuelles de son employée, quitte à se vêtir en esclave tout droit issu d’un péplum intime et de lui jouer le Chibre Infernal. Chucky, truand pathétique accro aux pilules et incapable de rester immobile, à part le mettre sous le joug d’une fourche. Monk, gangster si coquet de son chapeau qu’il peut perdre tout contrôle si on s’en prend à son couvre-chef. Barry, riche électron libre passionné par les investissements en bourse. Mélangez tous ces spécimens hilarants, ajoutez-y des interactions inattendues et astucieuses comme une escroquerie via la production d’un film, saupoudrez de la verve inimitable de Elmore Leonard, passez le tout au shaker et vous obtiendrez un roman déjanté tout autant bavard que rigoureux dans sa structure, un magnifique exemple de ce que ce défunt orfèvre des mots et des situations hilarantes pouvait offrir à son lectorat.

    /5