Les Amours noires

  1. S'ils te mordent, mords-les !

    Le corps d'un homme est repêché dans le port du Havre tandis que, quasiment au même moment, celui d'une femme est retrouvé à Morlaix. Dans les poches de l'homme, un ticket de stationnement morlaisien. La femme serait quant à elle peut-être originaire de la porte océane. Pour Léo Tanguy, ce chassé-croisé mortuaire n'est sans doute pas une coïncidence. Mais pour y voir plus clair, il va devoir se rendre au Havre. Ça tombe bien, c'est par là-bas que bosse Bob Mougin, son confrère normand.

    Vingt-troisième enquête de Léo Tanguy, Les Amours noires est donc l'occasion pour le fameux cyberjournaliste breton de collaborer avec son alter ego d'outre-Couesnon. Forcément, les deux affaires sont liées et nos deux amis vont en apprendre de belles sur une famille pas si fréquentable que ça. L'enquête concoctée par Max Obione tient en haleine et nous fait suivre la piste, entre autres, d'une crêpière bien connue de la communauté bretonne du Havre, d'un exportateur de légumes et d'un bibliophile averti, fin connaisseur des œuvres de Tristan Corbière – le célèbre poète morlaisien. Certains éléments sont peut-être un brin tirés par les cheveux mais on pardonne facilement ces ficelles parfois un peu grosses tant la langue, familière sans être vulgaire, est truculente. À en croire certains spécialistes, on peut vivre dans n'importe quelle langue pourvu qu'on en connaisse environ 400 mots. Max Obione en maîtrise bien plus et c'est un vrai plaisir que de se plonger dans cette langue tout à la fois riche et populaire.

    Faire bombance de vocabulaire tout en lisant un intéressant polar, ce n'est pas donné tous les jours. Saluons alors ce court roman sans prétention qui parvient néanmoins à faire passer un excellent moment de lecture... et à nous apprendre quelques mots au passage.

    /5