Hacking, braquage et rébellion

(Hacking, Heists & Flaming Arrows)

  1. Robin des Bois, prince des hackers

    Robin Hood est un ado de douze ans. Petit mais sportif, il pratique avec le même talent l’informatique que le tir à l’arc. La ville, Locksley, où il habite avec son père, Ardagh, et son demi-frère, John, est tombé sous la coupe de mafieux, avec à leur tête Guy Gisborne. Ce dernier a été, en des temps reculés, l’un des meilleurs amis d’Ardagh et de Marjorie Kovacevic, tous les trois ayant fondé un empire commercial avant que le père de Robin ne se désintéresse de ces considérations capitalistes. Mais voilà que les événements se mettent à s’acharner sur la famille Hood : une tentative de fraude aux bulletins de notes qui tourne court pour Robin, des mots déplacés d’Ardagh à propos de Gisborne qui le conduisent en prison, et une fuite du collégien dans la forêt de Sherwood auprès d’autres opprimés. Le début d’une rébellion ?

    Inutile de présenter Robert Muchamore : on lui doit, entre autres, les célébrissimes série CHERUB et Henderson’s Boys. Voilà qu’il entreprend une nouvelle saga (quatre tomes ont déjà paru outre-Manche), débutant avec ce Hacking, braquage et rébellion. Les fans de l’auteur seront assurément séduits : les personnages sont habilement campés, d’autant que la forêt de Sherwood recèle de nombreux protagonistes croustillants et que l’on aura indéniablement plaisir à suivre. L’action est également bien présente, entre courses-poursuites, braquages informatiques de distributeurs de billets, combats à l’arc et autres échauffourées bien senties. C’est aussi l’occasion pour Robert Muchamore, sous couvert de littérature destinée à la jeunesse, de décocher quelques piques bien senties et jamais inutiles quant au mercantilisme, la fidélité aux siens, le sens de la famille, le militantisme, sans oublier des notes d’un humour salvateur, notamment dans les dialogues entre adolescents et certaines scènes (Guy Gisborne reçoit tout de même l’un des traits de Robin dans les testicules).

    Voilà une entame très réussie pour cette nouvelle série. Il fallait tout le toupet, mais surtout tout le talent de Robert Muchamore pour reprendre le héros légendaire anglais ainsi que son univers et les transposer dans un contexte contemporain. Lorsqu’en outre, l’essai est réussi, on ne peut qu’applaudir vivement tout en piaffant d’impatience à propos du deuxième tome, Piracy, Paintballs & Zebras.

    /5