Criminal loft

9 votes

  • 8/10 Le sanatorium de Waverly Hills a été récemment reconverti et est désormais le lieu de tournage d’une émission de téléréalité. Criminal Loft. Huit prisonniers reconnus coupables par la justice américaine, patientant dans le couloir de la mort, et qui peuvent, à l’issue de ce divertissement télévisé, obtenir la liberté, s’ils convainquent les spectateurs. Mais au sein de ce lieu que l’on dit hanté et où se côtoient des êtres dangereux et poussés à bout, les tragédies ne peuvent que se multiplier.

    Préfacé par Laurent Scalese, voilà un roman qui ne peut pas laisser indifférent. D’entrée de jeu, Armelle Carbonel pose ses pions : le récit sera particulièrement sombre. Sur le papier, il s’agit d’une nouvelle variation sur le thème de la téléréalité, cousin littéraire et sanglant de Loft Story. Pourtant, ce roman est bien loin d’être insipide. La langue employée est forte, juste et terrible, capable de rendre anxiogènes de nombreuses scènes à Waverly Hills. D’ailleurs, ce sanatorium, comme l’explique l’écrivaine dans sa postface, existe réellement (cf. cette page). Il devient un personnage à part entière, avec les légendes urbaines qui le parcourent, comme cette mystérieuse chambre 502, cet énigmatique tunnel, ces horripilants bruits d’une balle rebondissant contre un mur, ou le fantôme de la petite Mary, morte après une monstrueuse thoracoplastie. Dans cet immense bâtiment, les prisonniers vont bien évidemment se jauger, nouer certaines unions, mais également se confronter, parfois à mort. Des personnages très denses, rapidement reconnaissables, aussi marquants que menaçants, et dont les psychologies recèlent de nombreuses surprises. C’est aussi un sacré tour de force de la part d’Armelle Carbonel : faire en sorte que le lecteur ne soit pas écœuré par tant de violence et de ténèbres. John T., le prisonnier à travers les yeux duquel on suit l’histoire, est tout de même un psychiatre retors et psychopathe, ayant violé, mutilé et tué vingt-quatre victimes. Pourtant, et au même titre que les autres captifs de cette émission, le lecteur va finir par lier certains sentiments – peut-être inconsciemment, ou de manière honteuse – envers ces captifs.

    Criminal Loft est donc un roman puissant, se prêtant à de multiples interprétations. Il fait réfléchir sur la peine de mort, la claustration, la justice, et la puissance des médias. Sachant, avec talent, mêler diverses influences littéraires (Dix petits nègres d’Agatha Christie, Shutter Island de Dennis Lehane, ou encore Stephen King), Armelle Carbonel réussit un très bon thriller, angoissant et addictif de la première à la dernière page.

    01/03/2017 à 13:16 El Marco (1308 votes, 7.5/10 de moyenne) 4

  • 7/10 Si on fait abstraction de quelques étrangetés que comporte ce roman, on passe de bons moments de lecture (même si la fin n'a rien de surpenante). J'ai notamment trouvé très curieux (hormis pour le personnage principal, narrateur de l'histoire, ancien psychiatre) que les condamnés à mort, candidats de ce criminal loft, s'expriment aussi bien alors qu'ils ont eu une éducation très limitée. Hormis ce détail, je dois reconnaître à l'auteure une belle plume et de bonnes idées qui laissent envisager de futurs très bons romans. Un bon premier roman donc, mais sans plus.

    13/02/2017 à 17:53 ericdesh (378 votes, 7.6/10 de moyenne) 2

  • 8/10 J'ai beaucoup aimé ce premier roman au scénario original qui reprend tous les codes et schémas de la téléréalité. Le dénouement m'a surprise.
    Une auteur à suivre

    04/01/2017 à 14:16 taylor (258 votes, 7.5/10 de moyenne) 2

  • 6/10 Avec un scénario aussi original, je m'attendais à un récit plus rythmé, plus entraînant et avec un peu plus de suspense. J'ai regretté le style un peu lourd parfois. Le fait d'avoir deviné le dénouement m'a aussi déçue.
    J'ai en revanche apprécié la description des lieux, à savoir l'endroit réputé le plus hanté des Etats-Unis. Cela donne envie d'y aller, au moins par curiosité.

    15/08/2016 à 11:05 Ssarlotte (501 votes, 7.1/10 de moyenne) 3

  • 6/10 Le concept de la télé-réalité poussé à l'extrème avec des téléspectateurs qui jouent le rôle de juge suprême en pouvant sauver la vie d'un des 8 meurtriers qui se cotoient. Qui choisiront-ils de sauver parmi les monstres choisis par la production? Qui saura convaincre l'audience qu'il mérite d'échapper à la peine capitale? Seul souci, après un très bon début, l'histoire a tendance à ronronner, perdant peu à peu son allant et n'est pas totalement sauvée par un dénouement sans surprise. L'ensemble reste pourtant correct, sans plus...

    08/08/2016 à 13:47 Jabba (395 votes, 7.1/10 de moyenne) 3

  • 9/10 Mais quel excellent thriller !!!

    Armelle Carbonel dépoussière la maison hantée, renouvelle le thème du serial killer et modernise le huis clos en nous offrant un roman alléchant où huit psychopathes enfermés dans un mystérieux sanatorium s'affrontent dans un sordide jeu de télé réalité dont le vainqueur échappera à l'injection létale.
    Le cadre de Waverly Hills (soit-disant le lieu le plus hanté des Etats- Unis) est très approprié et l'auteure retranscrit parfaitement l'atmosphère qui s'en dégage.

    Criminal Loft est jubilatoire, impertinent, addictif et le lecteur se trouve dans une double position : celle d'acteur puisqu'il vit "l'aventure" au travers des yeux du narrateur (un pervers des plus gratinés qui nous gratifie de réflexions ironiques et cyniques assez jouissives ) et celle de voyeur puisqu'il assiste à ce reality show en y prenant, oui je l'avoue, un maximum de plaisir !
    Les personnages sont infects et Armelle Carbonel n'essaye pas de nous les rendre sympathiques. Elle assume son choix !
    Elle assume, oui... sauf à la fin, où la logique et la moralité reprennent tout à coup le contrôle de cette pure folie. On s'y attendait mais aurait-elle pu nous offrir un final différent ? Dans un monde futuriste, éventuellement, mais pas à notre époque.
    Voilà en tout cas un roman qui ferait un film d'enfer !

    05/05/2016 à 07:56 Ironheart (367 votes, 7.5/10 de moyenne) 7

  • 8/10 Même si la publication du livre d’Armelle Carbonel a été quelque peu mouvementée (son premier éditeur a mis les clés sous la porte juste après la signature de son contrat), ce livre est un conte de fées à lui tout seul. L’auteur a eu la chance de rencontrer Maxime Chattam avant son passage chez Fleur Sauvage. Séduit par l’idée du livre et l’écriture d’Armelle Carbonel, Maxim Chattam en a fait une relecture intégrale; et l’auteure a pris en compte l’ensemble de ces remarques.

    Nous avons donc un très bon, pardon un excellent, premier livre. Si l’idée est à la fois originale, prometteuse et séduisante, elle est parfaitement exploitée de manière intelligente. Sans répétition, l’auteure arrive à trouver à chaque fois de nouvelles pour repousser ses personnages dans leurs derniers retranchements, de confronter ces meurtriers aux peurs qu’ils suscitent.

    Même certains passages nous font penser au Puzzle de Franck Thilliez et que l’on devine le final, Criminal Loft est un excellent thriller. L’auteur raconte à la première personnage l’histoire d’un meurtrier, en alternant sa vie dans le loft et de courts flashbacks sur son enfance ou sur une des ses aventures de prédateur. On découvre donc au fur et à mesure toute la perversité des meurtriers du loft, et celle de l’organisateur de l’événement.

    L’écriture est impeccable, d’une très grande fluidité, même si les relances de fin de chapitre sont un peu grossières, comme si elles avaient été rajoutées en fin de travail d’écriture suite à la relecture (de Maxime Chattam ?).

    Cette année commence très bien du point de vue littéraire. Présageons que cela continue.

    15/03/2016 à 19:50 QuoiLire (61 votes, 6.8/10 de moyenne) 3

  • 6/10 J'ai entendu beaucoup d'éloges sur ce livre. L'histoire est intéressante, l'intrigue est bonne. Mais je reste sur ma faim. J'ai lu la première partie de ce livre très facilement, mais à un moment l'histoire , la narration du livre s'essoufle.

    01/03/2016 à 11:44 Jojio (14 votes, 7.9/10 de moyenne) 2

  • 7/10 Dix petits nègres version réality-show...
    Armelle Carbonel organise la rencontre paroxystique, mâtinée d'horreur gothique, entre deux des maux les plus symptomatiques et les plus fascinants ( bien que tout un chacun s'en défende ) de notre époque; quand huit sociopathes jouent leur liberté à pile ou face sous les projecteurs de la télé-réalité...
    Un récit sous pression, qui diffuse un étrange malaise, une perturbante inversion des rôles, à partir de laquelle le lecteur devient obscurément coupable d'un voyeurisme pervers, comme si la scrutation de ces monstres finalement si pathétiquement humains faisait écho aux exactions qu'ils ont commises...
    L'auteure pousse à bout cette expérience de Milgram, qui laisse à penser que la vraie nature du genre humain réside quelque part au milieu de cette folie, où le libre arbitre n'est pas forcément la clé vers la liberté...Il est néanmoins regrettable que le suspense, présent durant la majeure partie de l'ouvrage, ne trouve pas un climax à la hauteur de l'analyse psychologique des ses personnages...

    07/01/2016 à 20:50 jackbauer (352 votes, 7/10 de moyenne) 4